bulletin n° 6 ** sept. 2010 ** fondateur : Philippe Moisand

 

 

     rc0003bb1.jpg mois00021.jpg mois00011.jpg Edito

                                                              Philippe Moisand

 

Nous y voilà donc. La cousinade, proposée par Mamie Martin et Isabelle Marcé, portée par le comité d’organisation où sont représentées les huit branches de la famille, est maintenant toute proche. Même s’il n’a joué aucun rôle direct dans cette affaire, je ne peux m’empêcher de penser que notre bulletin, en resserrant les liens familiaux un peu distendus et en réveillant un intérêt grandissant pour l’histoire de notre tribu, a joué son rôle dans l’engouement suscité par cet évènement.

Car s’il est encore un peu tôt pour parler de succès, on peut déjà se réjouir d’un taux de participation conséquent : près de 300 inscrits à ce jour (294 exactement), dont 203 adultes, 35 ados et 56 enfants de moins de douze ans. La branche 3 fournit le plus gros contingent avec 70 participants, mais je n’oublie pas bien entendu les sept autres, qui seront toutes largement représentées. Une mention particulière pour la branche 7 qui nous « fournira » à la fois la doyenne de la descendance Moisand/Charbonnier avec Marie-Thé Pruvost et le benjamin avec Victor Brunet de La Charie né en juillet 2010.

Il reste bien évidemment à transformer l’essai et à faire en sorte que ce week end de la mi-septembre soit une vraie réussite. Il appartient bien sûr au comité d’organisation de faire en sorte que le programme des festivités et sa réalisation soient à la hauteur des attentes, mais il revient aussi à chacun d’entre vous de participer activement aux activités qui vous sont proposées.

Les hasards du calendrier font coïncider notre réunion avec les journées du patrimoine. Tout un symbole. Pour une fois, ce sont vos propres racines, et non plus celles des autres, que vous êtes invités à explorer au travers de ces lieux chargés de l’histoire écrite par nos ancêtres, et en tout premier lieu, les trois personnages qui ont marqué Longchamp et notre famille de leur empreinte. Je veux parler de Robert Charbonnier, le fondateur, de Gaëtan Moisand, le continuateur, et de celle qui a été le trait d’union entre les deux, la Reine Hélène.

  A très bientôt.

 

Photos de titre : Robert Charbonnier ; Hèlène Charbonnier Moisand ; Gaëtan Moisand

 

 

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Les Moisand de Beauvais

Geneviève Moisand

Geneviève commence ici une série de 3 articles sur les Moisand de Beauvais, branche de la famille Moisand dont nous descendons : Antoine, tout d’abord, puis Constant et enfin Horace, respectivement arrière-grand-père, grand-père et père de Gaëtan Moisand. C’est sa passion pour la généalogie, passion qu’elle a transmise à son mari, Daniel Moisand (voir l’article de ce dernier dans le bulletin précédent), qui lui a permis non seulement de retrouver la trace de nos ancêtres mais aussi de nous faire connaître les  principaux aspects de leur vie.

Moisand de Beauvais pour les distinguer des Moisand de Touraine : Antoine est sans doute le premier des Moisand à quitter la Touraine de ses  ancêtres et les métiers de la soie que ceux-ci pratiquaient de longue date pour venir s’installer à Beauvais comme imprimeur-libraire. En vérité, il est le 1er à quitter la Touraine, mais pas tout à fait le 1er à abandonner les métiers de la soie comme Geneviève nous le raconte ici.

 

1ère partie : Antoine MOISAND

Le premier MOISAND à quitter sa Touraine natale s’appelle Antoine, comme son père.  Il  naît à Preuilly-sur-Claise (Indre et Loire) en septembre  1793, quelques  jours seulement après l’instauration de la « Terreur ». Il est le descendant d’une longue lignée de passementiers, marchands-drapiers, fabricants  ou négociants en soie, mais l’industrie de la soie a périclité dans la région tourangelle et son père s’est reconverti dans l’horlogerie. Mais  Antoine n’a pas la fibre horlogère, et il  abandonne le commerce de l’horlogerie à son jeune frère Armand Constant (le grand-père des peintres Marcel et Maurice MOISAND). 

Il quitte tout d’abord Preuilly pour Paris où il va suivre des stages dans différentes imprimeries parisiennes puis il trouve une place de correcteur dans l’imprimerie de Lucien Côme DIOT à Beauvais.  Son patron lui abandonne progressivement les rênes de l’imprimerie dont il prend la direction à 25 ans, avant d’épouser trois ans plus tard, en 1821, Sophie DIOT, la fille de Lucien Côme. 

Quelques semaines après son mariage, Antoine s’associe avec son beau-père et demande et obtient son  brevet de libraire pour lequel il doit prêter serment  de fidélité au Roi Louis XVIII et d’obéissance à la Charte et aux Lois du Royaume. 

En date du 17 juin 1823, il adresse une supplique au Ministre de l’Intérieur en vue d’obtenir un brevet d’imprimeur en lettres, à laquelle il joint une lettre de démission de son beau-père ainsi qu’une attestation de « bonne vie et mœurs » signée du maire de Beauvais, et une attestation de capacité signée par quatre imprimeurs parisiens. La supplique est ainsi libellée :

 « Monseigneur,

 Je supplie très humblement Votre Excellence d’accueillir favorablement la pétition de Monsieur DIOT, mon beau-père, en m’accordant en son remplacement le brevet d’imprimeur à la résidence de Beauvais. L’expérience que j’ai acquise dans cette profession, mon attachement au Roi, ma confiance en son Gouvernement, mon respect pour les lois, et mes principes religieux me font espérer que vous recevrez ma demande avec bienveillance… »

 Lors de  l’obtention de ce brevet, le Ministre de l’Intérieur écrit la lettre suivante au Préfet : 

« Monsieur le Préfet,

 Les renseignements favorables que vous m’avez transmis sur le compte de MOISAND, libraire à Beauvais, m’ont engagé à lui accorder un brevet d’imprimeur pour la même ville en remplacement du Sieur DIOT, démissionnaire. En le remettant au titulaire, je vous prie de lui faire sentir le prix de cette faveur et de lui déclarer que s’il imprimait ou vendait quelque ouvrage contraire à la Religion, à la morale ou au Gouvernement, il serait poursuivi selon toute la rigueur des lois. Vous recommanderez en même temps au Sieur MOISAND de se présenter au Tribunal de 1ère Instance pour y prêter le serment prescrit…

«  Réponse du Préfet :  « … en remettant au Sieur MOISAND cette marque de la faveur du Gouvernement, je l’ai engagé à s’en rendre digne par une conduite irréprochable et je lui ai fait connaître les formalités qu’il lui restait à remplir… » 

Antoine obtient ce brevet en date du 26 Août 1823 (N° 2251). 

 En 1826, Antoine démissionne de la profession de libraire au profit de son beau-frère, Frédéric DUPONT à qui leur beau-père avait dévolu le commerce de librairie, Antoine conservant celui de l’imprimerie. Mais il obtient un nouveau brevet de libraire le 23 mai 1829 (n° 2911). Auparavant, Frédéric avait déclaré : je n’ai avec Monsieur MOISAND, mon beau-frère, aucun intérêt particulier qui puisse l’empêcher d’exercer le commerce de la librairie. » 

 Antoine développe ainsi une importante imprimerie-librairie et devient un notable de Beauvais, où il préside le Tribunal de commerce et siège parfois comme juge de paix. 


Après 30 ans de mariage, sa femme décède à 52 ans. Antoine lui survit 19 ans et s’éteint à son domicile, 26 rue St-Thomas, à l’âge de 77 ans, un an seulement avant la mort prématurée de son fils unique Constant. 

 

 

 

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pict0060b.jpg Longchamp dans l’œil du cyclone

                           Sébastien Langlois 

38 ans, Dijonnais d’origine, Sébastien Langlois vit depuis 2007 à Longchamp , où il a racheté la maison, qui fait face à l’entrée de l’usine, à Andrée Gay-Poulot (connue universellement sous le petit nom de « Dédée »). Marié, père de deux enfants, il est archiviste à la Bibliothèque patrimoniale et d’études de la Ville de Dijon (située dans l’ancien collège des Godrans), où il est  chargé en particulier du classement et de la valorisation des fonds d’archives qui y sont conservés.  Son article est paru pour la 1ère fois dans le bulletin municipal de Longchamp en septembre 2008. Pour l’écrire, Sébastien a consulté les archives municipales de la commune, interrogé quelques témoins et intégré les photos que nous lui avions communiquées, lesquelles, reproduites ici, ont été prises par Robert Moisand juste après le cataclysme.

« Violentes tornades en Côte-d’or, dans l’ouest et en Angleterre » 

  II y a soixante ans, le 9 août 1948, le journal Le Monde affiche à la une ce titre retentissant. Le lecteur apprend alors qu’une «véritable tornade a dévasté en moins  d’une  minute  plusieurs  communes du canton de Genlis» et que « la forêt qui se trouve entre Beire-Le-Fort et Longchamp a été littéralement   déboisée   sur   une   distance   de 10 km et une largeur de 50 m ; les arbres les plus gros ont été arrachés comme des fétus de paille et projetés à des dizaines de mètres. A Longchamp, les toitures de 155 maisons ont été enlevées, de  même que les poteaux télégraphiques ». 

Voilà une incursion singulière dans l’actualité mondiale de l’après-guerre pour un petit village comme Longchamp. Venant de Longeault, le cyclone s’est abattu sur notre commune, épicentre du phénomène, le samedi 7 août vers 18 heures. Plusieurs habitants évoquent encore aujourd’hui le passage de la tornade.

Marcel Roy, de retour de l’armée, se souvient avoir vu la colonne tourbillonnante approcher du village. Il se rappelle une tête de marronnier qui s’est trouvée arrachée pour finir dans la vitrine du café Vadot et le clocher de l’église tanguer de droite à gauche ! Tout comme Paulette Ropiteaux racontant comment les veaux qui broutaient dans le pré entre la route et le château, occupé aujourd’hui par le champ de foire, «s’envolèrent» sur l’autre rive de l’Arnison.

Alors qu’il livrait du lait, Archangelo De Vecchi se souvient aussi de cet instant où le vent éjecta son béret dans un fossé. Heureusement pour lui, car au moment où il quitta la chaussée pour le récupérer, un arbre s’abattit à l’endroit même où il marchait.

Le Maire, Mr Henry Moisand, dans son rapport, décrit un paysage d’apocalypse

« un village transformé en champ de désolation et de ruines, les toitures soulevées, les cheminées arrachées, les cloisons soufflées, les murs lézardés, les portes et fenêtres dégondées, les vitres cassées et des centaines d’effets jetés dans les rues et les jardins ». 

Le Maire explique que «le désastre a été amplifié par une pluie diluvienne qui est tombée de manière ininterrompue pendant les vingt-quatre heures suivantes. 80 % des arbres et jardins ont été coupés ou arrachés, dont un grand nombre de fruitiers» (76 exactement), auxquels il faut ajouter les coupes affouagères et les récoltes agricoles. 

cycl01b.jpg De nombreux bâtiments communaux sont atteints, à commencer par l’église avec sa toiture et ses chéneaux arrachés, ses vitraux brisés, mais aussi l’école des filles, la cure, les lavoirs et la poste. Les Faïenceries de Longchamp ont également subi un triste sort. L’huissier chargé de l’estimation des dégâts procède au tour complet des installations qui sont toutes durement touchées : les bureaux, les fours, les magasins, le cinéma, les hangars, mais aussi les maisons des cités ouvrières prénommées Christiane, Hélène et Juliette, ainsi que la villa de la direction et le château qui héberge le centre d’apprentissage. Dans l’usine, l’huissier découvre «un tas volumineux de vaisselle de choix et ordinaire rassemblée (…) sous un vaste hangar, faisant face au bâtiment de l’usine, où se fait la préparation des pâtes (…),comprenant notamment déchets d’assiettes plates et creuses, plats divers, saladiers, soupières, tasses ». 

pict0062b.jpg Plus loin, il déplore la «véritable dévastation» opérée dans le parc de la villa : « de beaux et volumineux arbres, qui faisaient le charme du parc, sont arrachés, d’autres sectionnés à divers hauteurs, le branchage détruit (…). II existe sur le terrain trois grands et beaux sapins déracinés, deux grands noyers d’Amérique quatre grands noyers ordinaires, quatre grands peupliers sont arrachés ». 

cycl03b.jpg Face à un tel cataclysme, les habitants, selon le Maire, « ont été remarquables de calme, de sang-froid et de courage devant la réalité. Beaucoup ont passé la nuit sous la pluie à colmater les plus grandes brèches de leur toit ». Dès le lendemain, les opérations de secours sont déclenchées : une section du Train d’Auxonne et plusieurs camions militaires interviennent pour effectuer la mise hors d’eau des maisons et de l’usine, et pour rétablir les lignes électriques et téléphoniques. Parallèlement, le Préfet alerte les ministères et les parlementaires, afin d’amorcer le processus de solidarité nationale. Et aussitôt le Maire reçoit de nombreux témoignages de soutiens officiels qui lui promettent trois à quatre cent mille francs de secours d’urgence. En novembre 1948, la commune recevra finalement près de six cent mille francs. Avec la reconstruction, une longue bataille s’engage alors : celle de l’indemnisation des dommages. 

La commune avait estimé à plus de dix-sept millions de francs le montant des pertes subies. Les semaines passent et les procédures deviennent longues ; l’impatience gagne les victimes. Une association des sinistrés de Longchamp, qui s’attache les services d’un avocat dijonnais, est créée, manière de faire pression sur les autorités. Le Maire s’inquiète pour ses administrés «ne pouvant faire face à leurs engagements, ni payer leurs impôts». 

 En février 1949, on apprend que plus aucun crédit n’est disponible et que les indemnités à espérer ont été employées «à la réparation des barrages de l’Isère» ! La solution de rechange consisterait alors en des facilités de crédits en faveur des sinistrés par calamités publiques… On peut imaginer alors les pourparlers des parlementaires Côte-d’Oriens entre les chambres et les ministères parisiens, qui aboutissent finalement en mai 1949 à l’octroi d’une somme de trois millions de francs à partager entre les particuliers, les Faïenceries et la commune de Longchamp. 

Progressivement dans les mois qui suivirent, le village soigna ses plaies et retrouva  « un aspect plus riant et plus coquet» comme l’espérait le Maire. Soixante années après cet extraordinaire cyclone, de nombreux habitants doivent se souvenir parfois de ces quelques minutes qui transformèrent Longchamp en un champ de désolation..  

  

 tornade.jpg Note de la rédaction  : cyclone ou tornade ?

 Bien que le journal Le Monde évoque une violente tornade, c’est  le terme « cyclone » qui a prévalu à Longchamp et c’est sous ce terme qu’on évoque encore aujourd’hui la grande dévastation du 7 août 1948.

Pourtant, il ne peut s’agir d’un cyclone, lequel ne se développe que dans les régions tropicales. De plus, un cyclone, qu’on appelle aussi selon les régions ouragan ou encore typhon, se développe en tourbillon sur un territoire beaucoup plus vaste que celui concerné par le phénomème de 1948, puiqu’il est d’un diamètre compris entre 500 et 1000 kms.

Ne s’agirait-il donc pas plutôt d’une tornade ?

Une tornade est un tourbillon de vents extrêmement violents, prenant naissance à la base d’un nuage d’orage (un cumulo-nimbus).Ce phénomène météorologique a un pouvoir destructeur supérieur à celui d’un cyclone au mètre carré, mais est de durée et d’étendue limitées : il concerne un corridor de quelques dizaines à quelques centaines de mètres de large sur quelques kilomètres de long. Le tourbillon a généralement (mais pas toujours) la forme d’un nuage en entonnoir (le tuba) qui s’étend parfois jusqu’à terre. Le tuba mesure de quelques dizaines de mètres à plusieurs kilomètres de long.

Le passage d’une tornade se caractérise par un corridor de dégâts où les débris montrent des torsions et sont répartis de façon plus ou moins aléatoire dans et autour du corridor, pas seulement soufflés dans la direction de passage. En effet, une tornade est formée par de l’air en rotation et en ascension, les débris retombent dans des directions diverses, selon le flanc du tourbillon qui les a fauchés. Les arbres sont également souvent sectionnés à quelques mètres du sol dans le corridor de dommages et projetés au loin.

Les indications fournies par le Monde, par les témoins ou encore par les photos démontrent que c’est bien une tornade qui s’est produite à Longchamp ce jour-là :

La forêt a été littéralement   déboisée   sur   une   distance  de 10 km et une largeur de 50 m.

Un témoin rapporte avoir vu une « colonne tourbillonnante » se rapprocher du village.

Les toitures de 155 maisons ont été soulevées, dont celle du château.

La plupart des arbres du parc du Chardenois ont été sectionnés à plusieurs mètres du sol, les photos prises après la catastrophe le montrent clairement. Notamment, la photo de titre, prise du chalet vers le stade : la plupart des arbres sectionnés  que l’on voit sur cette photo sont des tilleuls qui ont réussi à survivre et que l’on peut admirer aujourd’hui encore.

Cyclone ou tornade, le nom importe finalement moins que la date à laquelle pourtant personne d’autre que moi n’a sans doute prêté attention : le « cyclone-tornade » a eu lieu le jour de la Saint-Gaëtan, lequel devait être très occupé dans un autre coin du ciel pour laisser faire une chose pareille ! Peut-être après tout est-il intervenu quand même pour limiter les dégâts, notamment en évitant qu’il y ait des morts. Il m’a sûrement protégé puisque j’étais à l’intérieur de notre maison qui était juste à la limite du « corridor », mais en-dehors : je vois encore ma grand-mère Duffour, très inquiète, fermer la fenêtre en s’étonnant de la violence du vent (un de mes premiers souvenirs d’enfance). Et puis il a sûrement aussi protégé ma mère, partie faire des courses au village et qui s’est précipitée dans la véranda du chalet, lequel était fermé pour cause de vacances des « Henry ». Elle ne pouvait pas choisir endroit plus dangereux, mais à vrai dire elle n’avait plus le choix, elle a vu les arbres tomber tout autour d’elle pendant des secondes infinies, mais aucun n’est tombé fort heureusement sur sa fragile cage de verre.

Quant à mon père, occupé comme chaque mois d’août à remettre de l’ordre dans le circuit de production avec son équipe technique, il a vu les assiettes voler à l’intérieur des bâtiments de l’usine et n’a pas douté une seconde de l’issue fatale. Une longue poignée de main avec Laureau, son chef du service entretien, et rendez-vous là haut pour des jours meilleurs! Tous deux en furent quittes pour une grosse frayeur.

Gaëtan Moisand

N.B. : le dernier paragraphe de cette note a été ajouté par mon frère Philippe.  Comme mon père et comme ma mère, tous les Longchampois à l’intérieur du « corridor » ont dû certainement croire à la fin du monde ce jour-là !

Si les veaux s’envolaient d’une rive à l’autre de l’Arnison, il est bien « normal » que les assiettes aussi aient volé à l’intérieur de l’usine. Telles des soucoupes volantes  annonciatrices de l’apocalypse…

  

     

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mois0272b.jpg Le Chardenois ?

                       Gaëtan Moisand

 

Le Chardenois : pourquoi avoir choisi ce nom pour le titre de notre journal familial ? Tout simplement parce que la propriété de Longchamp s’appelle le Chardenois et qu’utiliser ce nom avait un pouvoir évocateur suffisamment fort pour être retenu.

Très bien, devez-vous penser ? Mais cela ne nous dit pas d’où vient ce nom…

mois0147b.jpg A vrai dire c’est Gaëtan (Gaëtan Ier, bien sûr) qui a dénommé la propriété « Le Chardenois » lors de la construction de la Villa en 1921. Sur la carte postale de 1930 (1), reproduite en début de ce paragraphe, on peut lire  »Villa du Chardenois », appellation conforme au voeu de Gaëtan.

mois0271bmodifi1.jpg Le Chardenois, c’est le nom du Bois qui jouxte la partie sud du village où se situe la Villa. Ce Bois fait partie de la grande Forêt de Longchamp. Situé au sud-ouest de celle-ci, il en est cependant partiellement séparé par la grande clairière que forme le village avec ses près et ses champs environnants. Le nom du Bois apparaît pour la première fois dans un ouvrage publié en 1753, « La Nouvelle Description de la France » de Jean-Aimar Piganiol de la Force. Celui-ci, décrivant les forêts de Bourgogne, cite en tout premier lieu  »la forêt de Pluvault et de Villers-les-Pots, appartenant à Madame la Comtesse de Choiseul, et dénommée Bois-Le-Dur, Bois-Défendu et Chardenois ». Séparé géographiquement comme on l’a vu de la Forêt de Longchamp, le Bois de Chardenois l’était aussi en terme de propriété à l’époque de l’ouvrage de Piganiol,  puisqu’il était la propriété de Madame de Choiseul et ne dépendait donc pas de la « Seigneurie de Longchamp, aux Chartreux de Dijon », comme c’était le cas pour tout le reste de la Forêt. Aujourd’hui, celle-ci est pour l’essentiel forêt domaniale (propriété de l’Etat) et, pour une faible part, communale.

La forêt, « littéralement déboisée .. entre Beire-Le-Fort et Longchamp » le jour du cyclone de 1948, c’est précisément le Bois de Chardenois.

mois0266b.jpg mois0268b.jpg Gaëtan devait beaucoup apprécier ce nom puisqu’il en a fait son pseudonyme, « Jean du Chardenois », lorsqu’il écrivait des saynètes, des petites pièces ou des revues qu’il faisait jouer par ses enfants et ses proches et qu’il jouait aussi  lui-même. Mais ceci est une autre histoire qui mériterait d’être contée dans un prochain bulletin… 

dsc0635b.jpg Gaëtan a donné également le nom de « Chardenois » à un service de table vraisemblablement créé dans les années 20 peu après la construction de la Villa. Service peu connu, me semble-t’il,  et qui a dû avoir un succès assez modeste. Mais peut-être suis-je dans l’erreur :  certains d’entre vous pourraient bien le connaitre et même conserver chez eux certaines pièces de ce service ?

mois0274bb.jpg Gaëtan aurait pu (ou dû !..) choisir un autre nom, car sur le cadastre de Longchamp, au XIXème siècle, le lieu occupé aujourd’hui par la Faïencerie, le Chalet et la Villa est dénommé  »la Barbière ». Sur la reproduction du cadastre présentée en tête de ce paragraphe (le Nord est à droite de l’image, le Sud à gauche), on voit clairement le nom de la Barbière attribué à ce quartier de Longchamp situé entre la rue qui longe aujourd’hui la Faïencerie en haut de l’image et la petite rivière qui coule paresseusement à Longchamp, l’Arnison, en bas.

 Gaëtan a préféré le Chardenois à la Barbière (si tant est qu’il ait eu connaissance de ce nom). On peut le comprendre, çà sonne plus joliment !  

 

__________________________

(1) sur la gauche de la carte postale, on aperçoit un arbre légèrement penché et déjà grand : c’est un hêtre. Il est sorti indemne du cyclone de 1948 et est devenu aujourd’hui …

 pict0032b.jpg  …l’arbre le plus majestueux du Chardenois.                                                                                            

 

 

 

mois0269b.jpg mois0274bbmodifi2.jpg Les cartes reproduites dans cet article sont celles du cadastre de 1843 que l’on peut consulter sur le site des Archives Départementales de la Côte d’Or. La 2ème vignette présentée ici reprend celle du dernier paragraphe, mais on a ajouté sur le site de la Barbière des photos de la Faïencerie, de la Villa et du Chalet à leur emplacement (approximatif !) respectif. 

Un grand merci à Mamie Martin pour m’avoir fait découvrir Jean Du Chardenois.

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19370001modifi2bmodifi1.jpg Carnet de famille

 

 tiwenetsesparents.jpg Tiwen GREGOIRE est né le 5 juillet 2010, il est le fils de Cyril (alias Younaï) Grégoire et Marie-Julie Fricaud-Boisard, le petit-fils de Mandarine et le dernier arrière-petit-fils d’André et Yvonne Moisand.

 

 7312victorbrunetdelacharie.jpg Victor BRUNET DE LA CHARIE est né le 25 juillet 2010, il est le fils d’Anne-Laure Petit et de Franck Brunet de la Charie,le petit-fils de Christine Pruvost Petit et de Patrick Petit, l’arrière-petit-fils de Jean-Marie Pruvost et de Marie-Thérèse Moisand Pruvost (voir édito).

 

 

        

 

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  longchamphg.jpg Et maintenant place à la cousinade…                                          

                                     Gaëtan Moisand

 

 

Les membres du Comité d’organisation et certains conjoints de ceux-ci se sont réunis pour la dernière fois avant la cousinade ce 5 septembre à Longchamp.

dsc0725b.jpg La réunion s’est tenue dans le parc du Chardenois sous les frondaisons,  pendant la majeure partie de l’après-midi. Ne pensez pas que l’enchantement d’un parc verdoyant (il a beaucoup plu à Longchamp ces dernières semaines), inondé d’une douce lumière de fin d’été  aient poussé les membres du Comité à verser dans la nonchalance ou dans l’indolence.

dsc0720b.jpg Non, au contraire, un ordre du jour intense les attendait et nos gentils organisateurs se sont penchés avec un sérieux qui les  honore,  comme on peut le voir sur cette photo,  sur les dernières questions encore pendantes.

 Ils ont  décidé de (presque) tout, y compris des plus petits détails, de façon à ce que les  journées du 18 et 19 septembre prochains soient une réussite. Et cela dans un esprit aussi démocratique que possible ! L’observateur que j’ai été de cette journée bien particulière a pu déceler parfois  un peu de confusion dans les débats, mais certains membres m’ont fait remarqué que c’est ainsi qu’ils fonctionnaient depuis l’origine et que c’était sinon la bonne méthode, du moins leur méthode à eux ! Dont acte !

Trêve d’humour, s’il est encore trop tôt pour les féliciter de la réussite de journées qui n’ont pas encore eu lieu, nous pouvons déjà les remercier pour le travail accompli en vue de notre bien-être les 18 et 19 septembre. Ainsi que les conjoints de certains d’entre eux, tout aussi actifs depuis l’origine.

Merci donc  à :

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Guy Moisand  (branche 1 « Henry ») et Brigitte                              Marie-Hélène Duffour Froissart (branche 2 « Yvonne ») et Henri

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Annie Bernard Andrier (branche 3 « Christiane ») et Bernard          Philippe Moisand (branche 4 « Robert ») et Géraldine

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Daniel Moisand (branche 5 « André ») et Geneviève                       Catherine Moisand Thomas (branche 6 « Marcel »)

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Christine Pruvost Petit (branche 7 « Marie-Thérèse ») et Patrick      Mamie Moisand Martin (branche 8 « Mamie »)

   

Les photos de nos gentils organisateurs ont été prises sur le vif lors de la réunion du 5, à l’exception de celle d’Annie (absente ce jour-là) prise également à Longchamp, mais il y a quelques (!) années déjà… 

 

                                   

                                   ch138modifi3.jpg

     photo du panneau mural en carreaux de faïence de la grande salle à manger du chalet réalisé en 1894 par M. Jacquemin (l’original étant sans « bulles » !)

                                  

 

 

 

 

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   dscf0058bis2modifi5copie3modifi7.jpg Edito

                         Philippe Moisand

Regardez attentivement le petit personnage du service Moustiers. N’avez-vous pas remarqué un changement par rapport aux numéros précédents? Mais oui, mais c’est bien sûr, il tient dans la main la bougie du premier anniversaire du Chardenois, à la place du traditionnel lumignon vénitien. Gaëtan est très fier de son montage, et il a raison.

Mais nous sommes surtout très heureux de célébrer cet anniversaire avec la parution du bulletin n°5. Combien d’autres suivront? Tout dépendra à la fois de l’intérêt que vous portez au Chardenois (pour l’instant, il ne se dément pas et nous venons d’atteindre 2000 visites du blog depuis l’origine et avant la parution du présent bulletin) et aussi bien sûr des contributions de chacun d’entre vous.

Cette nouvelle livraison n’a pas de fil directeur. C’est un peu un inventaire à la Prévert et c’est très bien ainsi. Vous y trouverez une initiation à la généalogie par notre grand expert familial, le testament olographe du fondateur de la faïencerie, une interrogation existentielle de votre serviteur sur le point de savoir s’il convient de parler du château ou de l’abbaye de Longchamp, l’éclairage du grand collectionneur columérin (j’appelle ainsi au hasard les habitants de Colmier) sur les signatures des deux artistes Moisand, une production collective sur le service chasse connu sous le nom de Le Deyeux,  la poésie et les souvenirs d’enfance d’une (ex) jeune blonde abeille de la ruche du Chardenois. Mais pas de raton laveur!

                                                                    dscf0058bis2modifi5copie2jpg.jpgdscf0058bis2modifi5copie2jpg.jpgdscf0058bis2modifi5copie2jpg.jpg

ch138modifi1.jpg Cousinade

                           Philippe Moisand

 

Le comité d’organisation continue sa tâche harrassante. Trois réunions ont déjà eu lieu, à Dijon chez Mamie Moisand Martin, à Lyon chez Mylène Duffour Froissart et à Serein (près d’Auxerre) chez Daniel Moisand. Deux autres sont prévues en juin chez Christine Pruvost Petit et en début septembre à Longchamp chez les indivisaires Robert Moisand.  C’est à chaque fois l’occasion de retrouvailles très sympathiques, mais aussi gastronomiques, les hôtes successifs ayant à coeur de montrer leur savoir-faire culinaire.

A l’heure où vous lirez ce nouveau numéro, vous aurez sans doute déjà reçu (ou serez sur le point de recevoir) du représentant de votre branche une note détaillée sur le projet de programme des festivités et sur les conditions d’inscription. Il n’est donc pas utile de  m’attarder ici sur ce sujet. Je vous demande seulement de bien vouloir procéder à votre inscription très rapidement pour que nous soyons fixés sur le nombre de participants dès avant l’été.

Vous noterez que le programme comporte, le samedi matin, une visite du Lycée de la céramique et du château. Elle était encore incertaine au moment de l’arrêté du programme ; elle est maintenant confirmée, comme vous pouvez le lire dans le très gentil petit mot du nouveau proviseur que vous retrouverez dans les commentaires au bulletin n° 4.

Avant la visite de septembre prochain , vous pouvez déjà avoir une première idée de ce qu’est le  »lycée des métiers de la céramique Henry Moisand » aujourd’hui, en cliquant sur le site internet ci-dessous :

 lyc-ceram-longchamp.fr

                                                             

 

                                                                    dscf0058bis2modifi5copie2jpg.jpgdscf0058bis2modifi5copie2jpg.jpgdscf0058bis2modifi5copie2jpg.jpg

 

  

 

   requestdigitalelementcay9nhhf.jpg  Introduction à la généalogie                   

                   Daniel Moisand

Cet article reprend, à la demande de Philippe, celui que j’avais écrit il y a quelques années pour la « Gazette de Longchamp », 1er journal familial à l’initiative de notre cousine Mylène. Nous l’avons cependant légèrement actualisé, la généalogie étant, contrairement à la croyance de certains, une science très vivante.

« Aucune des minutes que nous vivons n’aurait existé sans les millénaires qui l’ont précédée depuis la Création et aucun de nos battements de cœur n’aurait été possible s’il n’y avait eu les générations successives des aïeux avec leurs rencontres, leurs promesses, leurs unions sacrées, ou encore leurs tentations. »

Ce paragraphe est extrait du préambule de la CHRONIQUE MONTAGNARDE, œuvre du moine Elias de KFARYABDA dont le récit a servi de support à Amin MAALOUF pour son roman « le rocher de Tanyos » et résume parfaitement l’interrogation légitime : pourquoi effectuer des recherches généalogiques ?

En ce qui me concerne, le virus de la généalogie (on peut parler de virus dès qu’il s’agit d’une passion) m’a été sans conteste transmis par ma femme,  Geneviève, il y a déjà plus de 20 ans. Après avoir effectué des recherches concernant sa propre famille, nous avons très vite élargi notre activité à mes ancêtres, les MOISAND, bien sûr, et les GUYOT, puis à d’autres, concernant plusieurs de nos amis, et ces recherches ont vite constitué l’essentiel de nos loisirs. 

Il est bien sûr intéressant de recenser toutes ces personnes qui ont vécu et grâce à qui, par leur descendance successive, nous sommes là, mais ce que nous souhaitons  avant tout, c’est parvenir à savoir qui étaient ces personnes, ce qu’elles faisaient, dans quel contexte elles ont vécu et exercé leur profession ou quel était leur niveau de vie. Ainsi, le plus lointain ancêtre « patronymique » MOISAND connu, Catherin, était passementier, d’autres étaient chirurgiens, d’autres greffiers, huissiers, etc. Que représentaient ces métiers quand ils les ont vécus, au 16ème ou au 17ème siècle ? 

La 1ère étape est l’Etat-civil :

Pendant tout le 19ème siècle, il est très complet et ne pose pas de gros problèmes, sauf pour la ville de Paris qui a perdu une partie importante de ses archives lors de l’incendie de l’Hôtel de Ville en 1871.

En revanche, la période révolutionnaire est une période délicate pour les généalogistes, en effet, l’Etat-civil tel que nous le connaissons a bien été créé lors de la Révolution, mais les employés chargés des écritures avaient une notion parfois très personnelle de l’orthographe et de l’écriture, pouvant rendre aléatoires certaines interprétations. 

Avant la Révolution et depuis le 16ème siècle, l’état-civil avait été tenu par l’Eglise ; il est très complet, très lisible dans certaines paroisses, beaucoup plus délicat à interpréter et lacunaire dans d’autres. Il est généralement, en outre, très incomplet en cas de religion protestante.  Se pose également le problème de l’évolution de l’écriture, les écrits des 16 ème et 17 ème siècles sont certes le plus souvent en français (en latin parfois), mais l’écriture a considérablement évolué et les caractères sont très différents de ceux utilisés par la suite. Geneviève a dû s’initier à cette science des écritures anciennes, la paléographie, nous facilitant ainsi la lecture des documents. Ces renseignements se trouvent dans les archives départementales et communales et, pour la plupart, les registres ont été microfilmés par l’Eglise des Mormons. Jusqu’à il y a quelques années, ces films étaient consultables sur commande dans les centres Mormons, dont celui de Cergy-Pontoise, facilitant ainsi les recherches. Depuis, petit à petit, les départements mettent en ligne ces archives et Internet est devenu le principal moyen de recherche (ceci n’est pas encore valable dans toutes les régions, l’Indre et Loire particulièrement, berceau des ancêtres « Moisand »).  Mais cela ne remplace pas totalement les déplacements en province qui nous permettent de nous familiariser avec les lieux et mieux comprendre ainsi la vie de ces personnes. Parallèlement à l’Etat-civil, le dépouillement des actes notariés de l’époque, trouvés également aux archives départementales, mais non microfilmées et en conséquence non disponibles sur Internet, fournit de précieux renseignements (notamment les inventaires après succession) ; c’est toutefois un travail très lourd, le notaire était autrefois un peu l’écrivain public, tous les actes de la vie courante passaient par lui et il faut parfois consulter un nombre très important d’actes pour découvrir enfin un renseignement intéressant. 

Une autre source très fructueuse de renseignements provient des sociétés régionales de généalogie et, depuis quelques années du site Généanet, au travers desquels nous avons pu entrer en contact avec des « cousins » à la 15ème ou 20ème génération, eux aussi passionnés de généalogie et dont les renseignements viennent recouper et enrichir les nôtres. 

Pour les Moisand, cela a été essentiellement le cas avec Bernard BERTHOMMIERE qui descend, comme nous, de Francois JACOB et Perrine CHABOT, ancêtres à la 10ème génération… et qui nous  a permis, par la qualité de ses recherches, d’étoffer sensiblement la généalogie de nos ancêtres ayant vécu à ANGLES SUR L’ANGLIN. 

Mais, bien avant d’en arriver à ces personnages, notre base de départ a été incontestablement le remarquable travail effectué par notre oncle, Olivier Bernard, dont nous avons pu avoir connaissance grâce à la gentillesse de ses enfants. Olivier, féru de généalogie, avait constitué un dossier très complet sur lequel nous nous sommes appuyés pour développer petit à petit ce qu’il n’avait pas eu le temps de rechercher. Un tableau très général de la généalogie MOISAND montre la diversité géographique de nos origines, puisque presque toutes les régions de France sont représentées, contrairement à d’autres généalogies, celle des GUYOT en particulier, entièrement concentrée en Basse-Bourgogne. 

Une autre particularité est la faible représentation des gens de la terre, il s’agit avant tout d’artisans et de négociants, avec une très forte ascension sociale au 19ème siècle, avec des réalisations importants dans des domaines très variés,

l’imprimerie et le journalisme, l’armement navale et … la faïencerie !  Depuis 3 ans, nous avons pu réaliser enfin notre projet : mettre en ligne cette généalogie afin qu’elle soit à portée de tous, tout en veillant à assurer les mises à jour au fur et à mesure de nos recherches. Pour ceci, nous avons choisi le site GENEANET 

L’adresse :     http://gw.geneanet.org/gdm

Puis (côté gauche de l’écran), accès « amis » 

Nom utilisateur : GDM  - mot de passe : DYA95

 Toutefois, pour des raisons légales, notre génération, ainsi que celles de nos enfants et petits-enfants, ne peut y figurer. Nous essayons parallèlement de maintenir une généalogie « descendante » la plus complète possible, à disposition de chacun de nos cousins, mais, pour cela, l’aide de tous est indispensable. A cet égard, la préparation de la Cousinade 2010 m’a permis de mettre à jour mes fichiers. Vous pourrez prendre connaissance des résultats le 18 septembre ou, pour ceux qui ne pourront pas participer, me demander de les leur communiquer.

requestdigitalelementcay9nhhfb.jpg La  »photo » de titre (dont un détail est reproduit ci-contre) honore la mémoire de Catherin,  notre plus ancien ancêtre patronymique Moisand connu. Il était passementier. Le passement, à l’origine du mot passementerie, désigne une bande de tissu de fils d’or, de soie, de coton ou de laine. Le métier de la passementerie comprend la fabrication de rubans, pompons, cordons, galons et dentelles de faible largeur destinées à l’ornement tant dans l’habillement que dans l’ameublement. Ornement des vêtements de cour, d’apparat ou liturgiques, des tenues militaires ou des toilettes des élégantes, la passementerie a connu ses heures de gloire notamment au temps de Louis XIV. Ce métier artisanal est encore vivant aujourd’hui, orienté surtout vers l’ameublement et les accessoires. 

                    

     

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 img0001b1.jpg Testament olographe

                † Robert Charbonnier (1846 - 1905)

                (Testament olographe : testament écrit de la main de son auteur, sans l’intervention d’un notaire)

 

A la suite de l’article de Mamie, « le berceau de Longchamp », paru dans le Bulletin n° 4, dans lequel elle évoque notamment la mémoire de son grand-père, Robert Charbonnier, fondateur de la Faïencerie, il nous a semblé judicieux de présenter aux lecteurs du Chardenois, du moins à ceux qui ne le connaissent pas encore,  le testament olographe écrit par ce dernier en 1893.

Ce document extraordinaire nous permet de découvrir la personnalité de Robert Charbonnier. Il est bien sûr marqué par son époque mais les lecteurs y trouveront sûrement matière à réflexion parce qu’il est aussi, sous bien des aspects, de portée universelle.

rc0001b1.jpg 

J’ai chaque jour demandé au bon Dieu de m’accorder une mort chrétienne, et, à l’heure qu’il aura fixée pour m’appeler devant lui, ma dernière pensée se confondra avec une dernière prière dans laquelle j’invoquerai sa divine miséricorde. J’ai le ferme espoir qu’il daignera tenir compte du peu de bien que j’ai fait et qu’il reportera sur ma femme bien-aimée et sur mes enfants chéris la protection extraordinaire dont il m’a favorisé, dans les dangers que j’ai courus et plus encore peut-être au milieu des crises terribles que j’ai traversées.

Je reconnais avec la plus grande humilité que c’est grâce à Lui et à son infinie bonté, et à Saint Antoine de Padoue, que j’ai pu vaincre les difficultés sans nombres, qui durant  de longues années m’ont tenu en présence d’une catastrophe semblant inévitable et derrière laquelle cependant je voyais toujours luire les jours heureux et le calme qui succède aux orages.

Je demande d’abord à ma chère femme de me pardonner les peines que j’ai pu lui faire éprouver et je la prie d’être assurée de l’affection constante que  je  lui ai vouée depuis le jour béni où nous avons été fiancés.

Je n’ai pas besoin d’ajouter qu’elle fasse respecter par mes enfants la  mémoire de leur père qui les a si tendrement aimés !

Je demande à ceux qui me survivent de ne pas oublier le chemin de ma  dernière demeure et de prier pour moi comme j’ai prié pour mon père et ma mère bien aimés.

A l’heure où j’écris ces lignes, l’œuvre que nous avons entreprise,  mon bien-aimé frère et moi, et qui a failli sombrer dans une crise longue et terrible, est debout, relevée et prospère.

Nos diverses assurances sur la vie, le portefeuille et nos disponibilités couvrent à peu près nos emprunts hypothécaires qui ont été nécessités par la reprise de l’usine. Ces emprunts doivent donc s’éteindre peu à peu après ma mort sans grande difficulté.

Je désire que cette œuvre soit continuée par mes enfants qui doivent y trouver tous un avenir assuré par le travail et la ténacité de leur père et de leur oncle.

Je prie Dieu que mon fils aîné, mes fils aînés, sachent se rendre dignes d’une situation industrielle, si noble, si délicate et qu’ils ne l’oublient pas si remplies de responsabilités terribles et de dangers de toutes sortes.

Que mes enfants dont j’ai partagé toutes les joies, les distractions et les peines n’oublient jamais que les ouvriers doivent être aimés sincèrement et dirigés avec justice et fermeté.

Toute la question sociale est à mon avis renfermée dans  cette maxime. Et elle sera résolue le jour où les hommes appelés à diriger leurs semblables leur donnent l’exemple du respect de Dieu et de sa sainte religion.

Les hommes, en effet, ne se soumettront jamais à ceux qui ne savent pas se soumettre eux-mêmes et ne respecteront pas ceux qui ne savent rien respecter.

Je laisse tout ce que je possède, indivis, à ma chère et bien aimée femme et lui laisse le soin de donner à ceux qui m’ont aimé et à ceux qui m’ont servi les souvenirs ou les dons qu’elle jugera convenables de leur laisser en mon nom. Elle partagera entre mes chers enfants suivant leurs goûts les objets dont je me suis servi particulièrement.

Je veux que mes employés et mes ouvriers qui me doivent, presque tous, leurs situations et celles de leurs familles sachent bien que je meurs avec la ferme assurance qu’ils reporteront sur les miens le dévouement, l’affection et la soumission qu’ils m’ont prodigués si largement.

Si le Bon Dieu m’appelle à lui avant mon bien aimé frère, il sera le tuteur de mes enfants mineurs, dont il est le second père depuis leur naissance. Il s’entendra avec ma chère Caroline pour l’exploitation de l’usine et l’installation de mon ou mes fils à Longchamp.

Que mes chers enfants, enfin, sachent bien que je les confonds tous dans une suprême et tendre étreinte, dans une égale affection et que le  mari ou les maris de mes bien aimées filles sont aussi mes fils bien aimés.

Qu’ils n’oublient jamais que je ne reposerai pas en paix, en face des grands bois que j’ai tant aimés, si la moindre discorde venait un jour à s’élever entre eux !

 

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 pict0065fusain.jpg Château ou Abbaye?

                             Philippe Moisand

 

« A l’ombre de nos grands bois, non loin des vignes savoureuses et tout près du souvenir de notre vieille abbaye, nous travaillons sans autre orgueil que celui de notre bonne renommée ».

 

lgchp00b.jpg Lorsqu’il écrivit cette devise des Faïenceries de Longchamp, Gaëtan Moisand avait-il tranché la question de savoir comment qualifier cette grande bâtisse, ou bien, en grand catholique et commerçant qu’il était, avait-il délibérément choisi de privilégier la version « abbaye », à la fois plus spirituelle et plus vendeuse? On ne le saura jamais. Toujours est-il que le seul document historique que nous possédons sur le sujet, un article anonyme conservé à la bibliothèque municipale de Dijon et datant de 1900, s’intitule « Le château de Longchamp », mais consacre de longs développements  à la vie quotidienne du temps des Chartreux, dont la présence dans les lieux justifie l’appellation d’abbaye.

Il n’y a donc pas vraiment débat. Il s’agit bien d’un château qui fut jusqu’à la révolution française la propriété des Chartreux de Dijon et qu’on peut donc indifféremment qualifier de château ou d’abbaye. Il aurait pu devenir le berceau de la famille, si après la grande guerre, le propriétaire d’alors, le docteur Bonnardot, avait bien voulu céder à la pression amicale de Gaëtan. Devant son obstination à conserver ce domaine, dont il ne faisait d’ailleurs pas grand chose, Gaëtan dut se résoudre à faire construire la désormais mythique villa, pour loger sa famille déjà nombreuse et, disent les mauvaises langues, tenter d’échapper à la cohabitation avec Caroline, sa belle mère. Ironie du sort, le propriétaire décéda peu de temps après l’installation de la famille dans la villa et ses héritiers proposèrent à Gaëtan de lui céder enfin le château. Quant à Caroline, elle suivit le mouvement vers la villa!

pict0060b.jpg Que faire de cette grande bâtisse qui venait grossir le patrimoine immobilier de Faïenceries de Longchamp? Ma mémoire est défaillante sur la période qui suivit l’acquisition. Je me souviens cependant que Marcel Moisand (non pas le peintre/architecte, mais le n° 6 de la généalogie descendante) utilisa quelque temps la ferme attenante pour les besoins de son exploitation agricole. Puis vint l’idée de créer un centre d’apprentissage qui fut soumise à l’éducation nationale et adoptée peu de temps après la Libération. Aujourd’hui, les bâtiments anciens disparaissent un peu derrière les constructions nouvelles qui sont venues s’ajouter au fil des ans pour permettre la croissance de cet établissement, promu maintenant au rang de lycée technique de la céramique. Mais comment se présentait-il alors? Quelles étaient ses fonctions? Et tout d’abord, que sait-on de son histoire?

 

 

 chblasonmodifi1.jpg L’histoire

 Le bâtiment porte la date de 1621 sur un écusson aux armes des Chartreux de Dijon qui, pour les férus d’ héraldique, portaient: « Ecartelé aux premier et quatrième d’azur, semé de fleurs de lys d’or, à la bordure componée (divisée en segments d’émaux alternés) d’argent et de gueules (rouge); au second et troisième, bandé d’or et d’azur de six pièces à la bordure de gueules ». Mais sa construction est antérieure. On sait par exemple qu’en 1615, le marquis de Sennecey, gouverneur de la ville et du château d’Auxonne, demanda au roi que les habitants de Longchamp fussent retrayants de la ville d’Auxonne, ce qui lui fut accordé par  lettres patentes du 9 avril 1615, entérinées au Parlement de Dijon. Non pas que le château de Longchamp n’existât pas à cette date, mais parce qu’il n’était pas « hors d’escu et de lance ».

En 1636, dans le cadre de la guerre de Trente ans Ans qui ravagea les territoires proches de la frontière comtoise, l’armée de Galas, allant mettre le siège devant Saint Jean de Losne tenue par les impériaux, vient à passer par là et oblige les habitants à soutenir deux assauts. Le second mené par un dénommé Clinchamp fut le bon et c’est de cette époque que datent les traces de coups d’épée ou de sabre qu’on peut voir encore aujourd’hui sur une porte de bois à lambris du premier étage. Outre le château, l’armée de Galas brûla plus de la moitié du village, lequel ne commença de se rétablir qu’à partir de 1645. Un prêtre contemporain qui desservait alors l’église de Longchamp constate avec regret que le village avait subi là le même sort que beaucoup d’autres du voisinages. Rossignol, dans son ouvrage sur Le Baillage de Dijon, souligne à cet égard que les habitants étaient alors obligés de se loger au château et même d’y coucher pour éviter les Gabans (?) qui venaient de Greye (Gray sans doute) par les bois et qui les ont extrêmement incommodés.

Il reste cependant que le château empêcha le passage de quelques régiments et s’il eut « été fourni d’hommes ayant cette retrayance, ils eussent défait beaucoup de gens de ladite armée de Galas ». C’est en tout cas ce que soutenaient les Chartreux dans le mémoire qu’ils soumirent au roi en 1665. Par cette démarche, ils demandaient qu’il soit dit que les habitants de Longchamp soient ci-après retrayants du château, conformément à l’ordonnance du duc Jean « qui veut que, où il y aura des châteaux en état de défense, les habitants du lieu en soient retrayants tant pour la sécurité desdites places que pour la sûreté desdits habitants qui souffrent beaucoup d’incommodités lorsque les lieux d’où ils sont retrayants sont éloignés, car ils n’ont pas le temps de sauver leurs meubles ». Ils ajoutaient que le château de Longchamp « est au milieu de grands bois et néanmoins sur un grand chemin qui vient de (Franche) Comté dans le Duché (de Bourgogne) en sorte que, dans les temps de guerre, il est fort nécessaire qu’il soit en sûreté et en défense pour s’opposer aux courses des ennemis ».

 Cet argumentaire eut l’heur de plaire au roi Louis XIV qui, par lettres patentes du 20 avril 1665, consentit à la demande des vénérables et accorda aux habitants de Longchamp le droit de retrayance au château dudit lieu, mais toutefois à la condition « qu’il y ait audit Longchamp un château bâti hors d’escu et de lance, capable de pouvoir retirer en temps de guerre les vassaux, meubles, bestiaux, grains et autres denrées et que le château d’Auxonne soit éloigné de deux grandes lieues du village de Longchamp dans un pays dangereux et difficile à passer ».

C’est Dom Bruno Jannoir, au nom et comme procureur des Chartreux, qui reçut, le 13 août 1666 Nicolas de la Toison, conseiller du roi au Parlement de Bourgogne, accompagné de deux gentilshommes, de Mavigniat et de Laroque, venus visiter le château. Ils reconnurent que le château était fortifié et en parfait état de défense, à deux lieues d’Auxonne, « étant environné d’un fossé ayant environ 50 pieds de large et plein d’eau, puis une petite rivière (l’Arnison) qui sert d’un double fossé audit château et fournit de l’eau dedans l’autre grand fossé; du côté du couchant, il y a encore une entrée dedans ledit château par un petit pont donnant sur un pont-levis ». Bref, les conditions imposées par le roi étaient remplies et les Chartreux purent se comporter en véritables seigneurs des lieux.

A la Révolution, ce domaine n’échappa pas bien entendu à la nationalisation des biens du clergé et fut mis en vente en 1791. On commença par les biens mobiliers les 29 et 30 mai et 1er juin1791. Le procès-verbal de la vente fait état d’un certain nombre d’objets religieux utilisés dans la chapelle, des chandeliers, des aubes, un bénitier, des chasubles et même la cloche qui appelait les religieux à l’office ou au réfectoire. Au total, la vente produisit 1921 livres, 19 sols et 6 deniers. Puis « on remit le clef des bâtiments  à M. Tassin, ci-devant concierge de ladite maison et qui occupe actuellement une partie des appartements du rez de chaussée, à l’exception néanmoins des clefs d’un cabinet du ci-devant prieur et d’un caveau ». 

Ce M. Tassin n’eut pas le loisir de profiter longtemps de la situation. La maison seigneuriale, aisances et dépendances, cour, verger, prés, fut vendue un mois après le mobilier, le 9 juillet 1791, à Jean Clérambaud, laboureur à Longchamp pour la somme de 19 100 livres.

On sait peu de chose sur l’histoire du château au 19ème siècle jusqu’à son acquisition par le docteur Bonnardot. L’auteur du manuscrit nous indique cependant qu’en 1830 la moitié des bâtiments avait été démolie. »Le propriétaire d’alors voulait déplacer sa maison pour la construire un peu plus loin afin qu’elle dominat le village. Car la maison seigneuriale de Longchamp, contrairement aux autres châteaux de l’époque, a été bâtie sur les bords du ruisseau de l’Arnison, dans la plaine même. Mais devant les frais occasionnés par de semblables travaux, il ne donna pas suite à son projet et fit refaire comme elle était avant la partie endommagée ».  L’histoire ne nous dit pas ce qu’il advint du fantôme qui hantait les murs de la bâtisse. Tout porte à croire que, à l’instar de ce que René Clair nous conte dans son « Fantôme à vendre », il a fait l’aller et retour avec les matériaux et erre encore aujourd’hui sous les combles du château/abbaye!

A suivre dans le prochain bulletin

 

 

 

 

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 pict0166b.jpg Chez Bonne-Maman

                Marie-Hélène Duffour Froissart 

Toutes les vacances de mon enfance sont aux couleurs et aux parfums de la Bourgogne, à Longchamp, chez Bonne-Maman et Grand-père. Ce dernier est mort quand j’avais neuf ans et je m’en souviens peu. J’ai composé, à l’occasion d’un anniversaire de Bonne-Maman, un poème à travers lequel je définissais ainsi la demeure :   

 dscf0020b.jpg 

 « Maison aux courants d’air

 Maison où tout est clair

 La grande villa est là

 Entourée de lilas »                                                                    

                                                                                                                                                                                                     dscf0031b.jpg Le royaume des enfants était le deuxième étage du haut duquel nous plongions, autour d’une vaste balustrade, sur le gigantesque hall d’entrée, passage obligé pour se rendre au salon, ou au fumoir, ou à la salle à manger, ou à la cuisine, ou aux escaliers qui conduisaient au premier étage. Les mosaïques colorées du carrelage nous fascinaient. Mes cousins les utilisaient pour des concours de crachats : la règle du jeu était préétablie en fonction d’une couleur et d’une forme géométrique. Je me contentais de regarder, de hocher la tête et de sourire parfois. Finalement, ces amusements ne m’amusaient pas. 

Comme je préférais les soirées musicales, autour du grand piano à queue de Bonne-Maman, ou la joie d’être associée à la mise en place du couvert pour vingt à vingt-cinq personnes, avec autorisation du choix des faïences en harmonie avec le linge et composition des bouquets de centre de table. C’est de cette époque que je garde l’amour des zinnias, des dahlias, des asters,  qui proliféraient au mois de septembre.

  pict0167b.jpg Rondeur de la soupière, éclat de l’argenterie, lumière tamisée qui traverse le vitrail sur lequel Bonne-Maman est figée en robe pourpre. Les œufs brouillés tremblent au fond du légumier, la saucière tourne avec le gigot et les flageolets ont pris le sens inverse. Les plats convergent au centre, devant Bonne-Maman que tous appellent « La Reine ». 

Je sais aujourd’hui qu’on l’avait bien désignée.

Bonne-maman n’aimait pas trop qu’on lui souhaite son anniversaire, elle préfèrait qu’on l’honore pour sa fête (le 15 ou le 18 août). Ce 5 septembre 1950, jour anniversaire de Bonne-Maman au cours duquel Mylène lut le poème qu’elle avait composé pour elle, fut donc une exception :                                                                                                 

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Quelques années plus tard, retour d’un pélerinage à Lourdes, Bonne-Maman écrivait ces quelques mots sur le cahier d’écolière de Mylène. Laquelle nous permet ainsi de découvrir (ou redécouvrir) son écriture et sa signature :

                                                         

                                                autographedebonnemaman062b.jpg

                                                                                  dscf0058bis2modifi5copie2jpg.jpg   dscf0058bis2modifi5copie2jpg.jpg  dscf0058bis2modifi5copie2jpg.jpg

 

 

 

 

pict0084b2.jpg Signatures 

                     Philippe Lucet

mm030b.jpg Maurice M

Il y  a plus de 20 ans que Marie-France et moi cherchons des Moisand, sans distinction de prénoms. 

Le hasard a fait que, malgré les alertes sur Internet et malgré les experts, toujours affirmatifs et catégoriques, nous n’avons acquis que des Maurice Moisand, le peintre animalier, élève de Gerome, né en 1865 et mort semble t’il en 1934.

 mm014b1.jpg Au fil des années, nous avons trouvé tout d’abord des gravures, puis des crayons de couleurs, des craies, des plumes, des encres de chine, des huiles sur panneaux et des huiles sur toile, indépendamment des pièces de faïence, le service « chien », le deyeux, et des plats d’exposition. Mais aussi des livres illustrés par Maurice Moisand ainsi qu’une affiche pour le catalogue de la manufacture des armes et cycles . Nous les avons achetés dans toute la France avec parfois des provenances surprenantes, comme des gravures gouachées qui avaient été encadrées à Dakar… 

 pict0010modifi1.jpg Mais jamais dans notre longue traque, nous n’avions trouvé un vrai Marcel Emmanuel . Et pourtant en achetant par téléphone , donc sans voir la signature , un superbe nu féminin, aux enchères à Saint Dié des Vosges, nous pensions être arrivés au bout de notre quête. Mais hélas, cette jolie dame (votre grand tante peut être…) mollement allongée sur une méridienne avec un superbe drapé de brun et de pourpre, lisant Gil Blas, était aussi de Maurice, bien qu’attribué à Marcel, la signature est sans équivoque, les 2 M à grandes pointes, ainsi que le  a  et le n, très caractéristiques de notre peintre animalier ne laissaient aucun doute et l’énigme demeurait entière !

 pict0030bmodifi1.jpg Cependant il ne faut jamais négliger la part de chance dans la recherche et ainsi, enfin, une vente à Périgueux le 24 janvier dernier allait donner la réponse tant attendue . Enfin une aquarelle de Marcel Emmanuel  Moisand, datées de 1902 à Palerme, qui porte une signature qui commence par un monogramme des 2 M entrelacé du E, suivi de l’écriture du nom. 

Et, en plus, sur le carton d’encadrement, l’indication : 

 Marcel Emmanuel Moisand, né à Nogent sur Marne en 1874, mort à Rome en 1903, exposé au musée d’Angers . 

L’aquarelle est partie chez le restaurateur car elle a souffert de l’humidité, mais elle sera prête pour s’exposer à La Cousinade  avec quelques œuvres de Maurice Moisand dont le talent, qui est vraiment exceptionnel, ne mérite pas d’être confondu avec celui de son frère, n’en déplaise aux experts . 

 pict0029b.jpg Marcel-Emmanuel M

En attendant la Cousinade, vous trouverez ici un large aperçu photographique de l’admirable « collection Maurice Moisand » de Philippe Lucet :

Maurice, oeuvres choisies
Album : Maurice, oeuvres choisies

37 images
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Non, bien sûr, nous n’allons pas quitter la collection de Philippe sans ne voir de ce fameux nu qu’un détail centré sur le journal « Gil Blas » !

Nous dévoilons ici (si l’on peut dire!) le tableau dans son intégralité :

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page1c.jpg Le service Le Deyeux

                           Anne Moisand Couturier & Gaëtan Moisand

        

Le service Le Deyeux a été composé par Maurice Moisand, peintre désormais bien connu des lecteurs du Chardenois (voir le Bulletin n° 4 et l’article de Philippe Lucet ci-dessus). Gaëtan Moisand, qui a pris la tête des Faïenceries de Longchamp en 1911 (Gaëtan Ier, bien sûr, et non pas le  co-auteur de cet article !) a sans doute rapidement fait appel  à son lointain cousin Maurice, dont la réputation en tant que peintre animalier était déjà bien établie,  pour qu’il réalise un service de table dédié à la chasse. On peut donc penser que ce service a vu le jour juste avant la Grande Guerre dans les années 1911-1914.

Preuve de l’importance qu’ a dû attacher Gaëtan à la réussite commerciale de ce service, son lancement a fait l’objet d’une présentation soignée, que vous pouvez admirer ici : 

 

 

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 Cette présentation du service évoque « une série de petits tableaux de chasse suivant les légendes de Le Deyeux ». En fait de légendes, ce sont plutôt d’aphorismes dont il s’agit. En effet, la petite « phrase » de la 1ère page de ce « prospectus » comme celles que l’on retrouve sur les assiettes du service sont extraites d’un livre de Théophile Deyeux, paru en 1841,  »Les tablettes de Saint-Hubert, ses commandements, ses aphorismes, traduits par  Deyeux ». 

requestdigitalelement.bmp Ce ne fut pas une mince affaire de trouver l’origine des aphorismes du service. Le nom de celui-ci, Le Deyeux,  a fini par nous mettre sur la bonne voie, celle de Théophile Deyeux. Ce fut un grand plaisir de découvrir son livre.

Reste une question : pourquoi « Le Deyeux » ? On peut supposer que ce petit livre a connu un immense succès auprès des chasseurs, succès qui perdurait encore au début du XXème siècle, au point qu’on le citait en disant « le » Deyeux comme on dira plus tard « le » Lagarde et Michard pour la littérature française. Ce n’est qu’une hypothèse, mais elle paraît assez réaliste.

 Les Tablettes de Saint-Hubert, ce n’est pas, bien sûr,  de la haute littérature (la preuve, le livre ne figure pas dans … le Lagarde et Michard !), mais Deyeux a le sens de la phrase concise et bien ciselée, le tout agrémenté d’un zeste d’humour qui rend la lecture de ses aphorismes tout à fait supportable même pour un non chasseur. Quelques aphorismes vont même jusqu’à dépasser le strict cadre de la chasse pour atteindre des sommets quasi-philosophiques ! 

A titre d’exemple :   

  • « Pointe la bécassine aussitôt son départ / Suis-la dans son zig-zag et tire un peu plus tard. »  

  • « Un seul mot pour le poil, heureux qui s’en souvient / Tirez haut ce qui fuit, tirez bas ce qui vient. »

  • « Il en est d’un fusil tout comme de son maître / Plus il va, mieux il vaut, tout le temps qu’il doit être. »    

  • « Ah ! la moitié du temps, soyons de bonne foi / Qui frappe sur son chien devrait frapper sur soi. » 

  • « Ne sois pas orgueilleux si le sort t’a fait roi /  Le plus maigre sujet, demain, ce sera toi. »

  • « Au-dessus des décrets de l’éducation / Il est un don du ciel, c’est l’inspiration. »

Si ces quelques aphorismes vous plaisent, vous pouvez tous les retrouver (il y en a 200 !) en lisant le livre de Théophile Deyeux sur le site de la BNF,  »Gallica ».

Mais, sans attendre, vous pouvez  en apprécier quelques-uns ici, mis en valeur par le talent de Maurice Moisand :

                                                                            

                

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Album : service le deyeux

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                                                                                dscf0058bis2modifi5copie2jpg.jpgdscf0058bis2modifi5copie2jpg.jpgdscf0058bis2modifi5copie2jpg.jpg

 

 

 

procyonlotorraccoon.jpg Inventaire

                 Gaëtan Moisand

Vexé de lire dans l’édito qu’il n’y aurait pas de raton-laveur dans le présent bulletin, Procyon Lotor (1) s’est invité d’autorité.  

Toutes nos excuses au raton-laveur pour avoir laissé entendre qu’il était exclu de l’ »inventaire »!    

“Une pierre
deux maisons
trois ruines
quatres fossoyeurs
un jardin
des fleurs

un raton laveur” …

( J. Prévert)

 

L’inventaire est désormais complet, nous pouvons donc clore le présent bulletin et penser déjà au suivant.

_________________

(1) Procyon Lotor est le nom scientifique du raton-laveur. Il doit son nom commun au fait qu’il passe ses aliments sous l’eau avant de les manger. Le raton-laveur a connu son heure de gloire avec le poème de Jacques Prévert « Inventaire », lequel a été popularisé dans les années 50 par les Frères Jacques qui l’ont mis en musique et en ont fait l’une de leurs chansons les plus connues. Vous pouvez l’écouter en cliquant sur le site suivant : 

 http://www.youtube.com/watch?v=X3wuzmYHXos

 

 

 

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bulletin n° 4 ** janv. 2010 ** fondateur : Philippe Moisand

      

  untitled5bmodifi3.jpg  Edito

                   Philippe Moisand

 Au seuil de cette deuxième année de parution de notre bulletin, j’ai eu la curiosité de relire le premier et, hélas, seul numéro de la Gazette de Longchamp, l’ancêtre du Chardenois, lancé en décembre 2001 par Marie-Hélène Duffour Froissart (Mylène pour les intimes), avec le soutien appuyé de Christiane, Marité et Mamie. Je regrette qu’elle n’ait pas pu poursuivre dans son entreprise tant sa Gazette était excellente, notamment dans sa partie rédactionnelle, et aussi dans sa présentation (photos couleur de quelques pièces très bien choisies de vieux Longchamp). Mais j’ai pu constater avec plaisir que son propos  était très proche du nôtre, tout à la fois excitée par son projet et inquiète de son devenir (« je me jette à l’eau »), sollicitant votre participation active dans tous les domaines (« histoire de la famille, de la faïence, coin des poètes, des cuisiniers, des voyageurs, potins de commère, relation de notre métier, de notre implantation géographique, aide à ceux qui sont dans l’épreuve… »).

J’ai aujourd’hui l’impression d’avoir réinventé la poudre. Comme Mylène, je me suis jeté à l’eau (voir l’édito du premier numéro). Comme elle, je vous ai sollicité sur les sujets les plus divers. Comme elle, j’attends avec intérêt vos contributions ou plus simplement vos idées, vos informations, vos photos. Et je suis heureux qu’elle soit (presque) la première à nous adresser un très beau texte sur ses racines que vous pourrez retrouver un peu plus loin.

Les racines, c’est d’ailleurs le thème central de ce numéro 4. Vous y trouverez bien sûr des informations plus complètes sur le projet  de cousinade qui commence à prendre forme, un article de Mamie Moisand Martin sur le berceau des Faïenceries de Longchamp, les résultats d’un petit jeu-concours sur une aquarelle d’Ellen, une enquête collective pleine de surprises sur la signature de deux artistes de la famille, les frères Maurice Emmanuel et Marcel Emile Moisand, et enfin la deuxième partie des souvenirs longchampois de Jean Marie Dutemple qui fut l’un des premiers élèves de ce qui n’était alors que le Centre d’apprentissage. Autant de sujets qui nous invitent à réfléchir à ce que nous serions « s’il n’y avait eu les générations successives des aïeux avec leurs rencontres, leurs promesses, leurs unions consacrées, ou encore leurs tentations » (cité par Daniel dans La Gazette de Longchamp).

            photo de titre : détail d’une assiette datant de 1900 environ, décor Callot. Les voeux, dans la « bulle », sont bien de 2010 !

 

 

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 ch138modifi1copie2copie.jpg Cousinade

                            Philippe Moisand

Le projet commence à prendre forme. Le comité d’organisation, qui comprend un représentant de chaque branche (Mamie Moisand Martin, Guy Moisand, Marie-Hélène Duffour Froissart, Annie Bernard Andrier, Philippe Moisand, Daniel Moisand, Catherine Moisand Thomas, Christine Pruvost Petit) a finalement retenu la date des 18/19 septembre 2010.

Bien entendu, il reste encore beaucoup à faire pour réussir cette grande fête. Ce sera l’objet des prochaines réunions du comité. Mais d’ores et déjà, nous savons pouvoir compter sur la présence de près de 200 participants de plus de 18 ans, sans compter les ados et les plus jeunes encore.

Le programme se déroulera sur les deux jours, avec des retrouvailles autour d’un pique nique le samedi, suivi de diverses animations dans l’après midi et de la grande soirée de gala du samedi soir. On se retrouvera le dimanche matin autour d’une messe (facultative) suivie d’un buffet. Tout cela reste encore à affiner, mais il est clair que nous possédons déjà tous les ingrédients pour transformer l’essai. Et nous n’oublierons pas les oeufs aux clarisses pour que le beau temps soit de la partie.

 

 

 

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pict0004modifi2.jpg Le berceau des Faïenceries de Longchamp

                                        Anne-Marie Moisand Martin ( « Mamie » )

Oui, la mort fait partie de la vie, mais une naissance vient toujours réjouir le cœur de l’homme et embellir sa vie.. Je n’ai pas assisté à la naissance de Longchamp. Pourtant, dès mon plus jeune âge, Maman m’a conté tant de fois ses souvenirs…que j’ai l’impression de l’avoir vécue.          

lgchp8.jpg Dans la plaine de la Saône, au milieu d’une forêt de 5.000 hectares s’élève  le village de Longchamp, peu important à l’époque, mais nanti d’un très beau château du XVI siècle édifié par des moines, les Chartreux, qui à cette époque défrichaient les forêts pour s’y installer. Dès cette époque ils fabriquaient déjà des poteries grossières, au bord de l’Arnison, petite rivière qui traverse le  village. Je ne sais à quel moment ils quittèrent les lieux.          

 En 1835, un entrepreneur du bâtiment d’Auxonne, probablement séduit par la qualité des argiles du pays et par le bois abondant qui devait servir à la cuisson, vint y fonder une tuilerie située à la sortie du village, sur la route de Chambeire. Dans ma petite enfance, j’ai encore connu les ruines de cette fabrique, et je me souviens avec quelle émotion Maman était heureuse d’en raconter l’histoire…..           

Dans un rayon de cinq kilomètres se trouvaient d’autres tuileries : Villers-les-Pots, Premières, etc., au cœur de cette forêt magnifique. Elles fabriquaient la tuile bourguignonne brunie ou vernissée. Combien de vieux toits attirent aujourd’hui de nombreux touristes sans oublier les toits d’or vernissés de l’Hôtel Dieu de Beaune et même ceux du Chardenois,…            

img4280amodifi1.jpg img4281b.jpg Quelques années plus tard, cette tuilerie se transformera en poterie, dont j’ai la chance d’avoir dans mon vaisselier une coupe ravissante signée  « Longchamp 1864 » que vous pouvez admirer sur ces photos. C’est cette petite poterie qui deviendra le berceau des Faïenceries, en l’an 1868.              

 photorcamodifi1.jpg En effet, à ce moment là, mon arrière-grand-père, Eugène, officier de carrière désirait installer ses deux fils, Marcel sortant de l’école centrale et Robert (photo ci-contre), mon grand-père, diplômé de l’école d’agronomie de Grignan et de plus très artiste et caricaturiste émérite..Ayant des ascendants en Bourgogne, ils se mirent à faire des recherches et c’est là qu’ils découvrirent Longchamp, avec ses bois, ses étangs, ses prairies, une tuilerie, une poterie, enfin un petit coin de paradis qui ne demandait qu’à être exploité . Sous la première impulsion, ils furent séduits par ce site. Mon grand-père, passionné de cheval rêvait déjà de créer une chasse à courre, ce qui se réalisa assez vite. Maman me racontait que, toute petite, il lui avait acheté un poney afin qu’elle puisse le suivre….Elle était la petite dernière et, je crois,  très chouchoutée par son Papa. 

Après avoir habité une modeste maison du village, Grand-père fit construire le « Chalet », pour accueillir sa nombreuse famille. Cette demeure, de fort bon goût, personnalisée par des scènes de chasse murales en faïence existe toujours mais n’appartient plus à la famille.

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Les Faïenceries de Bourgogne prendront de l’essor au moment de l’exposition de 1878. Les deux frères décidèrent de transformer l’usine pour fabriquer des faïences susceptibles de rivaliser avec Lunéville, Gien et  Digoin. De très beaux services de table que l’on trouve encore aujourd’hui dans les brocantes furent réalisés. Puis vinrent s’adjoindre des objets  en barbotine. Mon grand-oncle Marcel, l’ingénieur, était allé faire un stage en Angleterre pour s’initier à la fabrication de la pâte, les  Anglais étant plus en avance que nous dans ce domaine.

imgp2440.jpg Grand-père avait même fait couler la petite chaussure de Maman, décorée  ou ornée de fleurs en barbotine. Je suis toujours très émue lorsqu’il m’arrive encore d’en trouver, ce qui est très rare….  

 faenc11.jpg  Un facteur important  contribue à la marche de l’usine, c’est celui de la main d’œuvre. Son recrutement s’opère, en effet, de façon exceptionnelle. Au milieu d’une population agricole, il se forme un noyau d’ouvriers faïenciers. C’est ainsi que de père en fils et de mère en fille, toutes ces familles deviennent des piliers de la Faïencerie. On peut dire que Grand-père était un excellent patron. Maman était pleine d’admiration pour ce père. Ses ouvriers, sa famille, son entreprise formaient un « tout » auquel il était entièrement dévoué.Sur le plan social, il avait beaucoup œuvré, il désirait que les enfants des ouvriers soient éduqués. Dans ce but, il avait fait construire une école avec les inscriptions « Foi-Espérance-Charité »,  où il avait installé des religieuses susceptibles de se charger de l’enseignement…Un autre monde !!!!!       

 faiencfanfare.jpg Il s’était mis en quête d’un « chef » capable de former une fanfare qui compta 40 exécutants et qui se révéla au bout de quelques temps d’un haut niveau, capable de donner des concerts dans plusieurs régions. Elle récolta de superbes médailles. Elle a duré très longtemps puisque j’ai eu la chance de la connaître, mais elle était devenue moins importante.      

Maman aimait parler de ce père qui l’avait tant marquée. Il savait partager leurs peines comme leurs joies et il avait su leur inculquer le sens des autres, surtout ne jamais oublier les ouvriers qui doivent être aimés et dirigés avec justice et fermeté. Je pense que Maman a su l’écouter.        

photorcbmodifi1.jpg imgbamodifi1.jpg imgblog.jpg Sa mort brutale à l’âge de 58 ans va laisser ma grand-mère seule avec cinq enfants dont Maman était la dernière et avait 18 ans. Grand-père et Mémé s’étaient mariés en l’année 1871.        

Malheureusement, mes oncles, héritiers naturels de leur père à la tête de l’affaire, n’étaient pas préparés à reprendre la succession et de plus menaient une vie d’enfants gâtés, si bien que les Faïenceries de Longchamp se trouvèrent en grande difficulté…. 

        J’arrêterai ici mon bavardage, n’ayant plus grand-chose à vous dire sur cette période, …

 

Pour notre part, nous regrettons que Mamie arrête ainsi son bavardage ! Et même si elle n’a « plus grand-chose à dire sur cette période », nous sommes sûrs qu’elle a encore bien des choses à raconter sur d’autres périodes. A bientôt donc, Mamie, pour un nouvel « épisode » !

 

 

 

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  imgp6624b1.jpg  Racines

                    Marie-Hélène Duffour Froissart  (photo de titre : Henri Froissart)

Longtemps je me suis accrochée aux racines de mon enfance, rassurantes et tendres, aux couleurs des saisons de ma terre natale. La demeure ne tanguait point et les arbres alentour l’abritaient poussant leur ramure haut vers le ciel que rien n’assombrissait. J’en tirais une pointe d’orgueil nuancée de quelque compassion à l’égard de tous ceux qui prétendaient avoir coupé leurs racines, s’en être libérés, affranchis  quand la réalité laissait entendre  qu’elles avaient éclaté sous l’impact d’un drame dont il convenait de ne pas parler.

Au décès de la plus forte de nos racines, entendons ma grand-mère maternelle, le choc fut rude et bouleversa la ramure dans son intégralité. En effet, malgré les efforts louables des uns et des autres pour assurer la pérennité de l’embarcation, rien ne fut comme avant et je dus admettre que, si fortement ancrée soit-elle, aucune racine matérielle n’est immortelle.

On fit semblant de maintenir le vaisseau : une industrie et une maison familiale, la direction évolua suscitant l’inévitable jalousie humaine et les sensibilités froissées ne retrouvèrent jamais l’équilibre d’antan.

J’avais alors atteint l’âge de planter mes propres racines et je témoigne que c’est difficile quand on se trouve en perpétuel mouvement pour avoir épousé un officier dont la carrière vous oblige à ne vous accrocher nulle part. Cependant nous avons relevé le défi et planté notre tente en Beaujolais, un lieu pur, préservé, de vieilles pierres dotées d’une histoire et auxquelles nous avons redonné âme.

Du vaste noyer au four à pain, de la porte de la grange au pré pentu, du chemin moussu au seuil de pierre, nous avons semé au gré de notre imagination familiale et de notre énorme besoin d’ancrage.  A peine le dernier effort conclu, un cataclysme coupa court les petites racines drues et prometteuses d’une récolte bien méritée. Ce ne fut pas un décès mais un départ cependant. Le chef scia sa propre branche et décida de planter ailleurs ses racines.

Je tentai, au long des mois douloureux qui suivirent, de maintenir en l’état la réalisation familiale et compris très vite qu’un entêtement prolongé serait néfaste à ma sauvegarde.

Etre capable de pousser ses propres racines – seule – ailleurs – choisir à la croisée des chemins  la direction la plus inattendue, ne pas tenter de remonter le cours de son histoire et de s’accrocher à de vaines illusions, vouloir vivre encore, construire au fil des jours sa trame, dans la fidélité à son humanité et avec toute la foi reçue en héritage, se souvenir que ce qui est semé sera récolté, même si  nous n’en savons rien, même si nous jugeons que c’est inutile, aux heures graves s’appuyer sur le souvenir des racines dont nous sommes nés, auxquelles nous sommes immensément redevables et envisager sa propre fin dans la sérénité absolue.

Au cœur d’un monde difficile, déchiré, au cœur de toutes les solitudes, de toutes les souffrances, au cœur du dénuement le plus total, reste toujours la liberté d’un sourire, d’un mot , d’un geste et même d’une plainte qui prendra racine là où elle a été criée pour germer infiniment  dans un lointain dont nul ne peut définir le contour.

Monde déraciné qui se cherche, se détruit, se nie et cependant se construit, se multiplie, s’humanise quand il touche aux frontières de l’indicible. Il nous appartient d’inventer aujourd’hui d’autres formes de racines…

                                      

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   0002blog.jpg L’église mystérieuse

                Gaëtan Moisand

A la fin de l’article « Signé Ellen » du bulletin précédent, apparaissait la reproduction, reprise ici à nouveau, d’une petite aquarelle d’Ellen représentant une église dont il vous était demandé de découvrir le nom. Deux personnes ont trouvé la bonne réponse (Neuvecelle) et ont droit à une citation honorifique, comme promis (!).

A tout seigneur tout honneur, puisqu’elle est la 1ère à avoir répondu, Solange Bernard Regnaud qui a écrit dès le lendemain de la parution du bulletin dans un « commentaire » que vous avez certainement lu, les mots suivants  : 

« Nous allions parfois à la messe en famille à Neuvecelle lors de nos séjours à la Beunaz. Maman (= Christiane Moisand) aimait bien cette église et nous faisions souvent le détour en descendant à Evian ».

La seconde personne est Bernard Andrier qui envoyait quelques jours plus tard le mail suivant aux administrateurs du Chardenois ( visiblement il n’avait pas lu le commentaire de Solange dans le  blog !) :

« Je suis heureux, bien que pièce rapportée (ou morceau choisi), de pouvoir apporter ma petite contribution concernant la jolie aquarelle  représentant une église. Dès que j’ai vue la reproduction, ma fibre savoyarde ne fit qu’un tour et j’ai reconnu l’église de Neuvecelle près d’Evian. Mon arrière grand père, maire d’Evian, aurait été fier de moi !! On passe devant en montant d’Evian aux Pascatins par Maxilly. C’est aussi le chemin du restaurant La Verniaz et de l’Hôtel Royal, ce qui  est plus chic encore !! J’ai vérifié sur internet que je ne faisais pas erreur. De plus, il n’est pas étonnant que Bonne Maman ait fait ce dessin car les Moisand  passaient souvent leurs vacances à Evian et ma belle mère, Christiane, parlait souvent de ces séjours et en particulier d’une  maison louée à Neuvecelle dans la petite descente raide sur Evian .

 Ci jointes deux photos de l’église aujourd’hui et à l’époque où Bonne-Maman l’a dessinée. »

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La maison louée (plusieurs années de suite dans les années 30), dans la descente raide sur Evian, c’est le manoir de Neuvecelle qui jouxte l’église. On l’entraperçoit sur les photos,  mais on le voit bien davantage sur le beau dessin, ci-dessous, d’Henri  Froissart qui passait par là avec Mylène il n’y a pas bien longtemps, et pas tout à fait par hasard puisque c’est là que Jean et Yvonne (les parents de Mylène) se sont fiancés en juillet 1934. 

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  pict0068modifblog.jpg  De l’échec à l’épanouissement

                         Du Collège ND de Mont-Roland de Dole au Centre d’Apprentissage de la Céramique de Longchamp

                    (1er octobre 1945-13 juillet 1950)

                         Jean-Marie Dutemple, ancien élève du Collège et du Centre

A la lecture de la 1ère partie du récit de JM Dutemple dans le précédent bulletin, vous vous êtes certainement demandés comment ce récit avait pu parvenir jusqu’à la rédaction du « Chardenois ». L’échange de correspondances retranscrit ci-après répond à cette question :

De Ph. Moisand à JM Dutemple, le 3 sept. 2009 :

Mahdi Tamene, le proviseur de ce qui est maintenant devenu un lycée technique, nous a fait part de votre passage à Longchamp lors des journées portes ouvertes du printemps dernier et de votre souhait de nous rencontrer. Il se trouve que nous avons visité le lycée le matin et que nous nous sommes absentés jusqu’en début de soirée. Je le regrette d’autant plus que votre histoire personnelle m’a rappelé quelque chose, en particulier le fait qu’il avait alors paru étrange à notre famille qu’un élève des jésuites décide de quitter Mont Roland pour venir s’inscrire dans ce qui n’était alors qu’un modeste centre d’apprentissage. Vous vous expliquez très bien sur ce point dans la partie de vos mémoires dont Mahdi nous a remis une copie.

 A ce propos, je tiens à vous dire que j’ai lu avec un grand intérêt ces quelques pages, non seulement pour ce passé qu’elles ont fait revivre mais aussi pour la qualité de l’écriture et du ton de l’auteur. J’aimerais, avec votre autorisation, en publier quelques extraits dans notre bulletin familial. Merci de bien vouloir me confirmer votre accord et encore bravo pour ces premiers pas très réussis en littérature.

PS. Je suis le fils aîné de Robert Moisand. Celui que vous avez croisé sur votre chemin est sans doute Yves, le fils aîné d’Henry, qui a dû entrer au collège de Dôle après la libération. Ma grand-mère, que vous évoquez dans vos mémoires, était Hélène et sa dernière fille, Anne Marie, que vous évoquez également,  habite aujourd’hui Dijon.

De  JM Dutemple à Ph. Moisand le 9 septembre 2009 :

Merci de votre message et de votre gentillesse. Ce ne sont que quelques souvenirs écrits avec le coeur et tout le bonheur de l’adolescent, que j’étais, de s’épanouir.

Bien volontiers,  je vous  accorde toute liberté de prélever tout ou partie jugée souhaitable pour votre bulletin familial.

 Merci encore et félicitations à vous.  

NB : né en décembre 1933, je pense être proche d’Yves Moisand côtoyé à Dole en octobre 1945. Des carcasses de blindés jonchaient encore les artères de la cité !

Le lien entre JM Dutemple et nous, c’est donc Mahdi Tamène, dynamique proviseur du lycée technique Henri-Moisand, nommé entre-temps proviseur du lycée français de Sydney (à notre grand regret mais pas totalement au sien, bien sûr !). 

  pict0046blog.jpg  2ème partie : l’épanouissement (15 octobre 1947- 13 juillet 1950)

 Avec recul, j’affirme que je passai là les meilleures années de mon existence scolaire! Le cadre de Vie du Centre de Longchamp me permit de me réaliser moralement et physiquement. 

J’espère que ce sentiment a été partagé par la plupart de mes Camarades pour lesquels, surtout ceux de cette seconde année de fonctionnement du Centre, je conserve un souvenir individuel de presque tous et ce, soixante ans après…  Mon souvenir est pratiquement similaire vis à vis de l’équipe d’encadrement : Monsieur Kayser,  bien évidemment, Messieurs Linotte, surveillant et professeur pluridisciplinaire, Bastogi puis Munier en ce qui concerne l’Education Physique (matière la plus importante aux yeux de beaucoup !), André Blot, ancien adjudant, notre surveillant, monsieur Guerre, cuisinier assisté de monsieur Melun, ancien légionnaire dont le fils Georges partageait nos bancs… 

Georges était un grand garçon, roux avec des yeux bleus et un gentil sourire, dégingandé, aux gestes maladroits lorsqu’il courait. Après son séjour à Longchamp, il  s’engagea pour la guerre d’Indochine… Son corps fut inhumé au cimetière de Longchamp. En 1971, à l’occasion d’une réunion d’Anciens, à l’initiative d’André Kayser, je me souviens avoir été me recueillir avec émotion sur sa tombe, isolée et sise au fond à gauche. Plus récemment, en Avril 2005, de passage durant les vacances scolaires, je constatai que sa sépulture avait été relevée, enfin, je ne l’ai pas retrouvée. Salut Georges… Je t’aimais bien et aurais du te le dire… avant…, mais à cet âge, on ne sait pas dire ces choses là.

(Je dois) compléter la description de  l’Equipe  d’encadrement du Centre en 1947 et suivantes… par les Infirmières. La première année, ce fut une jeune femme blonde d’une petite trentaine d’années, gentille et efficace ; je ne me souviens plus de ses nom ni prénom. D’autant plus gentille qu’elle me prêtait son cyclomoteur ou plutôt sa « B.M.A » (Bicyclette à Moteur Auxiliaire selon l’appellation officielle du moment). Dame ! Conception et fabrication d’après guerre faisaient qu’il s’agissait d’une bicyclette de femme, classique, mais dotée d’un moteur deux temps placé à gauche près de la roue arrière. C’était tout bonnement grisant d’évoluer ainsi cheveux au vent sur cet engin pétaradant. 

 La personne qui prit sa succession l’année d’après fut Madame Loubatière, une Dame qui, dans mon souvenir, devait avouer une cinquantaine d’années… j’ai conservé son adresse en mémoire pour avoir correspondu épisodiquement avec elle fort longtemps… Dans les années 70, après une dernière missive, je reçus un mot de sa fille m’annonçant son départ pour l’au delà… De petite taille, elle était corpulente et tout en rondeurs mais son cœur également était à l’unisson tant elle débordait de bonhomie, de bonne humeur, de gentillesse voire d’affection pour nous tous.  Nous étions dans l’âge de l’adolescence,  éloignés de nos Parents, nombreux parmi nous n’en avaient pas ou plus, si bien qu’elle recueillait, à elle seule, nos confidences, nos peines, nos chagrins, nos hésitations. Elle nous réconfortait, nous guidait soignait à la fois nos corps et nos âmes si fragiles… Parfois elle nous récitait quelques strophes de ses auteurs préférés. Kipling en était… Si tu es capable de…, tu seras un Homme, mon Fils… Il s’agissait toujours de messages d’espoir, de réconfort, d’encouragement à espérer, à patienter… Elle avait un fort accent du Sud-Ouest, chantant et rocailleux à la fois. Elle était Bonne, elle qui avait tant souffert, perdant son mari durant la guerre et son fils, aviateur, quelque temps avant de rejoindre Longchamp… 

 Cà ressemblait à quoi ton Centre de Longchamp ? Bien sûr avec du recul, comme pour le Service Militaire, nous avons tendance à idéaliser la période en gommant de notre mémoire les côtés moins heureux, c’est humain paraît-il ! 

Nous disposions alors de quatre lieux de Vie : 

Le « Château »  

Réfectoire en bas, à droite avec accès direct à la cuisine! Nous participions au service et débarrassions les tables nous-mêmes. Dans la partie gauche étaient situés le Bureau et les appartements de Monsieur Kayser.  A l’étage, nous disposions de la Salle d’étude. La porte conservait les traces de coups de hache datant de la Révolution, paraît-il, mais suffisant pour faire galoper nos imaginations. Plus loin divers dortoirs dont le plus grand, au fond, comportait une vingtaine de lits. Les lavabos étaient situés de part et d’autre du couloir ainsi que nos armoires en bois. 

L’étage supérieur était plus sombre du fait de la lumière du jour limitée par les étroites fenêtres donnant sur le toit. Assez étroit, le couloir était encombré par les armoires, aussi fallait il attendre que le copain en ait refermé la porte pour passer, à moins que ce soit un excellent prétexte pour le bousculer ! L’accès aux étages se faisait par le grand escalier de l’aile droite; nous le montions généralement quatre à quatre ( non, deux par deux) et descendions le plus vite possible à plat ventre sur la rambarde, jambes à l’horizontale, éventuellement d’une seule traite jusqu’en bas… Il n’avait nul besoin d’être ciré !

En été, alors que nous vivions fenêtres ouvertes, il n’était pas rare que nous sautions de la fenêtre du premier étage de cet escalier, une sorte de défi, c’était assez haut, mais la plate-bande du potager amortissait notre chute… Je ne me souviens pas qu’il y eût des chevilles foulées. 

 Les Salles de Classe 

Deux salles nous accueillaient pour les cours dispensés par Messieurs Kayser ou Linotte ( en deuxième année, et celle là seulement, par Mr. Schwartz dont nous avons gardé un très bon souvenir! n’élevant jamais la voix, il savait nous intéresser et nous passionner.). Ce bâtiment, bas, de plain pied, était situé non loin de l’internat, dans le Village, de l’autre côté du pont de 1’Arnison. Nous nous y rendions en passant par la porte au fond du potager, Prolongée par un petit pont à côté du lavoir, ce passage a été muré et condamné depuis… le potager devenu inutile a fait place à une verte pelouse. En ces années, il était sensé apporter un complément de légumes car la nourriture était encore rationnée…    

Les Ateliers 

Ils constituaient l’un des pôles importants de notre enseignement et se trouvaient dans l’Usine elle même.  La direction en était assurée par Madame Moisand, mère et veuve. Nous pourrions dire une « Maîtresse Femme ». J’étais de petite taille, comme déjà dit, elle m’impressionnait par sa stature, sa présence, son port de tête, ses vêtements sombres, son chignon… Je crois me souvenir qu‘elle avait deux fils, Henri et Robert, une fille, ce devait être Anne-Marie, plus jeune, blonde et jolie, aperçue parfois dans les allées du parc auquel bien sûr nous n’avions pas accès… Entre autres, Madame Moisand avait un petit-fils, le prénom m’échappe (ce devait être « Yves »); nous étions à Dole dans la même classe, mais il était au dessus du lot et son nom figurait assez souvent au palmarès de fin d’études… 

 Outre la Direction générale, Madame Mère se réservait la responsabilité de l’Atelier de Peinture (disait-on « peinture »  ou  »décoration »?) Elle y avait son bureau à proximité et le silence était de rigueur. Un jour où j’y effectuais un stage, elle m’appela auprès d’elle. Elle s’enquit de mes études au Collège, des raisons de ma désertion et conclut: « Plus tard, Jean-Marie, tu le regretteras ». En moi-même, je pensai : « Non ! Ce n’est pas possible… La liberté n’a pas de prix … » 

Plusieurs années après, je fus bien obligé de lui donner raison et souvent je pensais à Elle et dus travailler dur pour combler quelques unes de mes lacunes.. « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point » … Merci Monsieur de La Fontaine ! 

Le Stade 

Je me dois de citer le stade  comme quatrième « lieu de Vie » tant dans notre séjour de trois années il avait de 1′importance. Aurais-je dû l’évoquer en premier ? Situé au même endroit qu’aujourd’hui, il n’en était qu’à ses débuts, le tennis était achevé mais réservé. La piste et les autres aménagements inexistants ou en cours. Nous avons participé aux travaux, cela faisait partie de notre « éducation » physique et morale… Je ressens encore la douleur d’un de mes doigts éclaté, le majeur, lorsque mon vis à vis (je te revois Ami, mais ton nom m’échappe… aide-moi, vous étiez deux frères et veniez de 1′Assistance publique) lâcha prématurément le poteau en ciment que nous transportions lors de la mise en place des barrières de clôture… Monsieur Munier lui sonna les cloches, mais, trop tard pour mon doigt coincé… Lors de nos moments de liberté, fréquemment nous nous retrouvions à plusieurs, souvent les mêmes, soit pour utiliser les agrès ou pour enchaîner les tours de cendrée, cherchant à améliorer nos performances et cela de notre plein gré et sans surveillance aucune. Quelques uns étaient très forts et enchaînaient les mouvements aux anneaux, allant même jusqu’à réaliser et tenir la « croix de fer ». J’étais admiratif et envieux mais ma faible constitution m’interdisait pareil exploit !  Néanmoins cette vie de plein air et de liberté me permit de me développer en taille et en carrure. En dernière année, Jacques Petitimbert, dit « Zazacques » à cause d ‘un zézaiement accentué, m ‘avouait :  » Ah, si j ‘avais mes cuisses et ton torse, je serais le plus beau de tous ! »  Moi, innocent, alignant les exercices de toutes natures, je ne m’étais pas rendu compte de la mutation de mon corps d’adolescent vers une morphologie d’adulte. Pendant la durée de mon séjour à Longchamp, outre la grande liberté dont nous jouissions, je découvris cette notion d’effort physique intense et cet esprit permanent d’émulation, de saine rivalité régnant entre nous, de surpassement de soi dont je ne me départis jamais au cours de mon existence…  L’objectif fut, dès lors, d’être toujours plus performant à défaut d’être le meilleur et ce pour moi même et pour mes Equipiers ou Collaborateurs, qu’il me fût donné d’entraîner dans mes aventures sportives ou professionnelles. 

Alors… je le situe en premier, ce Stade !? 

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L’énigme des signatures 

Une enquête collective sur les 2 frères peintres Marcel et Maurice Moisand

Cette enquête commence par  une proposition d’ article d’Anne Moisand Couturier, sans laquelle ce qui va suivre n’aurait pas été, car elle a le mérite de poser une question qui n’a pas  de réponse évidente : une véritable énigme, comme elle l’écrit dans son article. 

La suite, c’est un échange de mails entre tous ceux qui ont été sollicités pour apporter leur lumière ou pour résoudre l’énigme.  Le plus simple aurait pu être de donner de façon lapidaire la réponse à l’énigme, à supposer que nous ayons trouvé la réponse. Il  nous est apparu qu’il valait mieux à travers l’échange de ces mails suivre pas à pas la recherche de la solution pour bien montrer les difficultés à la trouver. Parcourir ces mails, qui s’étalent sur plusieurs semaines, c’est comme si on participait à une sorte de jeu de pistes aux multiples impasses ou si on lisait un roman policier qui vous tient en haleine (toutes proportions gardées, bien sûr !).

 

 

Marcel ou Maurice Moisand ? 

Anne Moisand Couturier 

   img2057b.jpg  img2063b.jpg J’ai acheté deux huiles, une scène de chasse et une scène de pêche, il y  a déjà quelques années dans une salle des ventes. Ce qui m’a permis de  faire une affaire c’est que le commissaire-priseur les avaient étiquetées dans  son catalogue comme des Marcel Emmanuel Moisand alors que, au vu des quelques assiettes du service chasse « le deyeux » que je possède, je lui ai affirmé qu’il s’agissait en fait de Maurice Moisand.

 tableaumemoisandetudedungreyhound.jpgSur la très belle généalogie de Daniel Moisand et de sa femme est  représenté un tableau de Marcel (un lévrier étendu) et je trouve que les deux signatures se rapprochent énormément. La dernière barre des deux M  descend très bas ainsi que celle du A ; à l’inverse la dernière barre du  N, elle, monte très haut.

 Les deux frères auraient-ils poussé la plaisanterie jusqu’à signer de la même manière pour tromper la descendance ?  Quelqu’un pourrait-il nous éclairer de manière certaine ? Je connais des gravures chez Guy Moisand et une chez Dominique. Je me rappelle également d’une petite huile pleine de nicotine à la villa.

 Quoiqu’il en soit, il faut rappeler que Marcel Moisand était concurrent  sur Ducky aux Jeux Olympiques de 1900 et qu’il s’est classé à la 5éme et 7éme places dans deux régates (source : Dominique Moisand via internet).

 Il serait étonnant que la réponse à mon énigme ne vienne pas de la famille ; sans cela nous serions obligés de faire appel au professeur Jean-Paul Moisan (sans d), généticien et directeur de  l’Institut génétique de Nantes Atlantique (IGNA) qui a été à l’origine  de  la relance de l’affaire Gregory en découvrant l’ADN derrière les timbres  du corbeau (peut être est ce l’ADN du facteur……).

 Ci-jointes les photos des huiles en ma possession. Il est à noter que la pêcheuse ressemble plus à une pécheresse et  que je voudrais bien savoir qui est de l’autre côté de l’Arnison et qui  accroche les asticots.

 

 A la recherche d’une réponse.. 

De : Gaëtan Moisand   À : ‘Anne Couturier    Cc : mfduffourlucet ; Philippe Moisand  lundi 23 nov. 2009  

 Les coincidences sont parfois troublantes : en effet M (Marcel ou Maurice) Moisand est un sujet très en vogue en ce mois de novembre. D’abord Guy Moisand nous a présenté 2 estampes signées M.M. ; ensuite,  je suis allé avec Philippe (Moisand) chez les Lucet à Colmier chez qui j’ai pris des photos de l’extraordinaire collection constituée au fil des ans par Philippe (Lucet).

S’il y a quelqu’un qui doit pouvoir répondre à ta question, c’est certainement Philippe Lucet !

De : Anne Couturier À : Gaetan Moisand  lundi 23 novembre 2009

Ne pas oublier que Marcel Emmanuel Moisand est connu de Daniel Moisand qui est peut être le seul à avoir admiré ses aquarelles au musée d’Angers.  

De : Gaëtan Moisand  A : daniel.moisand  Cc: Anne Couturier   Lundi 23 Novembre 2009  

Bonsoir Daniel, te voilà nommé expert par Anne au sujet de M(arcel et/ou aurice) Moisand. Merci de nous éclairer  et de nous dire, si tu le peux, ce qui revient à Marcel et ce qui revient à Maurice.

De : Daniel Moisand  13:45  À : Gaëtan Moisand   Cc : Anne Couturier   Vendredi 27 novembre 2009

Expert, voilà un honneur dont j’aurais bien aimé me prévaloir !

 Pour Maurice Moisand, le frère aîné, il s’agissait d’un peintre dit « animalier », une personne pourrait t’en parler car étant lui un expert en la matière, c’est Philippe Lucet. Je ne possède personnellement malheureusement aucune de ses toiles, mais mon frère, Jean-Claude, a hérité de 2 de ses aquarelles. Il s’agit de scènes de chasse. Maurice a laissé une œuvre bien connue de tous les Moisand, le service Chasse dont j’ai  les photos, à défaut du service lui-même.

Son frère Marcel Emmanuel est beaucoup plus connu dans le milieu des arts, il a entre autres concouru pour le Prix de Rome et figure dans le Benezit (cote des peintres). Il est malheureusement mort très jeune, son œuvre est beaucoup plus variée que celle de son frère, avec un certain penchant, semble-t’il, pour les tableaux maritimes, dont plusieurs sont détenus, mais non exposés en permanence, par le musée d’Angers, ce qui ne l’a pas empêché de peindre lui aussi quelques tableaux animaliers.Une autre de ses toiles, le pavillon des Etats-Unis à l’Exposition Universelle de 1900, est exposée au Musée National de la Coopération Américaine à Blérancourt. 

tableaumemoisandpavillondesetatsunisl.jpg                                                  parentmauricegatanmoisandb.jpg

Il s’agit bien de cousins Moisand, mais le lien  avec notre famille est assez lointain, il remonte au début du 19ème siècle, avec l’arrière-grand-père de notre propre grand-père Gaëtan, Antoine, éditeur-imprimeur à Beauvais, et dont le frère, Amand, horloger à Preuilly-sur- Claise, aura pour arrières-petits-fils Maurice et Marcel.

En fait, il semble qu’il y ait toujours eu un certain lien entre ces 2 branches familiales et que nos  propres ancêtres, bien que vivant à Beauvais tout au long du 19ème siècle, aient toujours conservé des contacts avec Preuilly en Touraine. Une des preuves est que Constant Moisand, fils d’Antoine et donc futur grand-père de Gaëtan, épouse une de ses petites cousines de Preuilly, Charlotte Crocq.

De :  Gaëtan Moisand  A: Daniel Moisand   Cc: Anne Couturier; mfduffourlucet ; Philippe Moisand   Samedi 29 Novembre , 2009  

 Concernant Maurice, je sais bien que Philippe Lucet est un expert, lui aussi,  puisque j’ai pris en photos  à la Toussaint son étonnante et magnifique collection.

dscn0303b.jpg pict0006blog.jpg Ceci dit, la question posée par Anne reste sans réponse : comment savoir que l’on est face à une œuvre de Marcel ou à une œuvre  de Maurice ? A l’heure présente, je ne connais qu’une signature, toujours la même, que ce soit celle décrite par Anne (voir 1ère photo ci-dessus, détail de la scène de chasse), celle que j’ai vue et photographiée chez Philippe Lucet (voir 2ème photo ci-dessus), celle des huiles qui sont toujours à la Villa, celle des estampes de Guy Moisand et … celle aussi du tableau ou dessin que tu as envoyé en PJ de ton mail sous l’intitulé « M.E. Moisand ; étude d’un greyhound »(voir photo ci-dessus dans l’article d’Anne).  Ou bien Anne a raison : les 2 frères malicieusement ont décidé de signer de façon identique. Ou bien, la signature que nous connaissons est bien celle de Maurice Moisand et de lui seul, ce qui tendrait à prouver que bon nombre d’œuvres attribuées à Marcel E. parce qu’il est plus connu que son frère  sont en fait de Maurice. Peut-être aurions-nous la solution si nous pouvions voir la signature du tableau  » le pavillon américain à l’expo universelle de 1900″ dont on est sûr, si je lis bien ce que tu écris, qu’elle est de M.E. Moisand ou celles des tableaux du musée d’Angers.

Passionnante énigme en tout cas ! 

De : Daniel Moisand   À : Gaëtan Moisand   Cc : ‘Anne Couturier’; mfduffourlucet ; Philippe Moisand   Dimanche 29 novembre 2009

Je te réponds tout de suite parce que tu touches un point qui me tracasse depuis un certain temps déjà, depuis en fait que l’on a trouvé sur internet cette étude du greyhound.

Le site sur lequel nous l’avons vue est normalement réputé pour son sérieux et j’avais d’autant moins mis en doute l’attribution à Marcel que cette étude me paraît assez académique, beaucoup plus dans le style de ce que nous avions pu voir de Marcel que les œuvres attribuées incontestablement à Maurice, mais la signature, que je connais, m’avait  troublé.

tableaumemoisandleschiots.jpg 

Autre fait bizarre, sur le même site, un tableau de chiots que je te ne t’avais pas joint, mais je répare l’erreur cette fois-ci, et qui, par son graphisme, me paraîtrait appartenir plus facilement à Maurice, bien qu’il soit attribué lui aussi à Marcel.

Ceci dit, je t’avais mal répondu, n’ayant pas dans un 1er temps bien compris ta question. Je ne possède pas de photo de signature formellement attribuée à Marcel ; il nous faudrait aller aux archives et nous plonger dans tous les bouquins de cotes de peintres, ce que je ne peux faire actuellement, mais, plus tard, après « la quille » … Quant au musée de Blérancourt, il est situé à 1 h. de chez nous, mais nous ne l’avons jamais visité car il est fermé depuis un certain temps et jusqu’en 2011 pour rénovation !

De: « Gaëtan Moisand »   A: Daniel Moisand  Cc: Anne Couturier ; mfduffourlucet ; Philippe Moisand  Lundi  30 Novembre 2009

Si le musée de Blérancourt est fermé, celui d’Angers ne l’est certainement pas. Reste à savoir qui  aurait le temps et/ou l’envie de se déplacer à Angers pour voir la signature de M.E. !!??

De : Philippe Moisand  À : Daniel Moisand; Gaëtan Moisand   Cc :Anne Couturier; mfduffourlucet  mercredi 2 décembre 2009  

C’est un véritable roman policier! Qui va nous sortir de là? On attend toujours la réaction de Philippe Lucet, sans doute très pris actuellement par l’organisation de la rentrée du Barreau de Paris, mais qui devrait être en mesure de nous apporter des éléments supplémentaires. En particulier, les deux nus qu’il a chez lui à Paris et qui sont signés M. Moisand, ne seraient-ils pas en fait de Marcel Emmanuel et non pas de Maurice, dont la spécificité de peintre animalier ne semble pas contestable? On tiendrait là la réponse aux interrogations existentielles de Philippe (Lucet) sur l’incongruité de la présence de deux nus dans l’œuvre de Maurice. Simple hypothèse de ma part, mais qui vaut d’être explorée plus avant.  

De : Philippe Moisand  À : Gaëtan Moisand   lundi 7 décembre 2009

J’ai missionné un cousin de Géraldine pour enquêter au Musée d’Angers. Il présente le double avantage d’être angevin et amoureux de peinture. Je suis sûr qu’il fera des pieds et des mains pour nous obtenir toutes les infos disponibles dans ce musée sur M.Moisand. 

 De : Anne Couturier  À : Gaëtan Moisand   mardi 8 décembre 2009 De mon coté j’ai œuvré pour avoir la photo de la signature de Marcel Emmanuel. J’ai tout simplement envoyé un mail au musée d’Angers en leur demandant s’ils auraient l’amabilité de m’envoyer celle ci.  J’attends…  

La solution de l’énigme… 

De : Anne Couturier À : Gaetan MOISAND  mercredi 9 décembre 2009


Je crois que j’ai été la plus rapide sur le coup. Voir le mail ci-dessous des Musées d’Angers :

De : BOIDARD Véronique  A : Anne Alain Couturier    mercredi 9 décembre 2009
Les Musées d’Angers possèdent une aquarelle d’Emmanuel-Marcel Moisand dont je vous joins la fiche technique ainsi que la copie de la signature, que vous pourrez comparer à celles que vous connaissez déjà. 

 Si vous arrivez à la conclusion qu’il s’agit d’une mauvaise identification, nous serions heureux de le savoir pour pouvoir corriger notre dossier

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De : Gaëtan Moisand  À : Anne COUTURIER  Cc : ‘Philippe MOISAND’; ‘Daniel Moisand’ mercredi 9 décembre 2009

Félicitations ma cousine : tu es effectivement la plus rapide !! 

C’est la première fois que je vois cette signature,  je ne dois pas être le seul. Cela laisse entendre que la plupart des ventes publiques d’œuvres attribuées à Marcel Emmanuel Moisand sont en réalité de Maurice Moisand. Voire la quasi-totalité ! Ou même la totalité !! La visite du cousin de Géraldine au Musée d’Angers  ne me paraît pas devoir être remise en cause. Je suppose qu’il en reviendra avec une documentation fournie. 

J’attends avec impatience de découvrir les « nus » en possession des Lucet. Contrairement à Philippe (Moisand), je pense qu’ils sont de Maurice et non de Marcel. Sinon la différence entre les signatures aurait certainement attiré l’attention de Philippe (Lucet). 

 De : Daniel Moisand  À : Anne Couturier Cc : Gaetan MOISAND; Dominique Moisand; Philippe MOISAND mercredi 9 décembre 2009

Bravo…Tu as fait ce qu’il fallait faire – cette toile dont on n’aperçoit que la signature, nous l’avions vue au musée en juillet 1998 et à cette époque, on n’avait pas d’appareil numérique, je ne pense d’ailleurs même pas qu’on pensait alors à photographier. Toujours est-il que cela confirme que bon nombre de toiles de Maurice, peintre non coté, sont vendues sous le nom de Marcel, soit par méconnaissance, soit par goût du profit ! 

 PS : Pour les régates de Nice en 1900, quand on avait relevé cela sur Internet, j’avais fait des recherches pour vérifier s’il s’agissait bien de « notre » Marcel Moisand – je n’ai obtenu à l’époque aucune réponse satisfaisante – cela ferait-il l’objet d’une 2ème énigme, peintre de talent et athlète de haut niveau ?

 De Philippe MOISAND  A Gaetan Moisand ; Daniel Moisand ; Anne Couturier ; mfduffourlucet   lundi 11 janvier 2010.

sespérant de ne recevoir aucune nouvelle du cousin de Géraldine, ce qui me surprend de sa part, j’ai, comme Anne, contacté directement le musée d’Angers. Vous trouverez ci-après notre échange de courriels.Contrairement à ce que pensait Daniel, ce dernier ne possède  qu’une aquarelle de Marcel, dont l’oeuvre connue se limite donc à peu de choses. Il se confirme de plus en plus que le Bénézit s’est trompé de prénom.Une dernière vérification cependant: Philippe Lucet peut-il nous confirmer que la signature de ses deux nus est la même que celle de sa collection de Colmiers ?

 De : Philippe MOISAND A : BOIDARD Véronique   vendredi 8 janvier 2010

Vous avez eu l’obligeance d’adresser, il y a un mois environ, une copie de la signature de cet artiste à ma cousine Anne  Moisand  Couturier. Nous avons pu constater qu’elle est bien différente de celle de son frère, Maurice, peintre animalier, bien que les deux prénoms soient souvent confondus par les experts et commissaires priseurs, lesquels attri buent volontiers à Marcel (seul répertorié au Bénézit) ce qui appartient à Maurice.

Différents membres de notre famille se sont portés acquéreurs de nombreuses toiles et estampes de Maurice, mais n’ont jamais pu mettre la main sur des oeuvres de Marcel. Je crois comprendre que les musées de la ville d’Angers possèdent plusieurs oeuvres de ce dernier et je me demandais s’il vous serait possible de nous en adresser une copie.

De: BOIDARD Véronique À: Philippe MOISAND  lun. 11 janvier  2010
Les musées d’Angers ne conservent qu’une aquarelle de Emmanuel-Marcel Moisand, comme je l’avais signalé à votre cousine. Le dossier ne comporte pas d’élément supplémentaire.

De: Philippe MOISAND À: BOIDARD Véronique  lun. 11 janvier 2010

Merci pour votre diligence. Cette aquarelle est aujourd’hui la seule oeuvre connue de nous avec le tableau représentant le pavillon des Etats-Unis à l’exposition universelle de 1900 conservée au musée de Blérancourt. Son frère Maurice serait donc le seul véritable artiste peintre de cette famille et le Bénézit, qui n’a répertorié que Marcel, aurait confondu les deux prénoms? Qu’en pensez-vous?

Marcel-Emmanuel ne serait finalement le peintre que de 2 oeuvres ?! Et serait coté au Benezit par erreur à la place de son frère ?! Alors qu’au départ nous pensions tous que c’était lui le plus grand et le plus prolifique des deux !!   Heureusement notre expert Daniel veille au grain et remet très vite les pendules à l’heure  :

De : Daniel Moisand  À : Philippe MOISAND; gaetan.moisand ;  Anne Alain  Couturier; mfduffourlucet   lundi 11 janvier 2010

Je ne crois absolument pas que le Benezit se soit trompé de prénom car c’est bien Marcel qui a concouru pour le Prix de Rome. D’autre part, nous avions récupéré, je pense au Caran (Archives Nationales à Paris), il y a quelques années, de nombreux renseignements sur Marcel, mais en 2005, suite à un problème d’ordinateur et des sauvegardes mal effectuées, nous avons perdu de nombreuses données et je n’arrive pas à remettre la main sur les notes de l’époque.  Je me propose de retourner au Caran d’ici peu  et de vous tenir informés.

De : Daniel Moisand À : Philippe MOISAND; gaetan.moisand ; Anne Alain  Couturier ; mfduffourlucet ; dmoisand    dim17 janvier 2010 

Un peu de tri ne faisant jamais de mal nous a permis de remettre la main sur des notes relatives à nos 2 héros, Maurice et Marcel, notes complétant celles relevées par notre oncle Olivier lors d’une visite aux archives de l’école des Beaux-Arts.

Je pense avoir assez de matière pour un article entier, à paraître dans un prochain numéro.

Mais, dès aujourd’hui, j’affirme que le Moisand du Benezit est bien Marcel, qui y figure en tant qu’aquarelliste-architecte, 2 fois admis au prix de Rome, en 1899 et 1901, auteur d’au moins 170 oeuvres recensées (rivières et mer, Côte d’Azur et Sicile). 

Il n’y a pas d’oeuvre animalière dans le catalogue établi et je pense qu’on peut entériner notre conclusion : toutes les toiles animalières sont bien de Maurice (lui aussi ancien élève des Beaux-Arts), même si elles sont souvent vendues comme étant de Marcel, peintre coté.

PS : je crois de plus en plus au simple homonyme sportif, il n’y a aucune allusion à un quelconque passé sportif dans les discours faits après son décès ..

Il reste donc à en savoir davantage sur Marcel Emmanuel Moisand : cela sera possible grâce à notre expert Daniel Moisand, puisqu’il a retrouvé ses notes! Il reste  une 2ème énigme à résoudre après celle des signatures : Marcel Emmanuel était-il peintre et de plus athlète de haut niveau ?!  Il reste enfin à mieux connaître Maurice Moisand grâce à Philippe Lucet et à son importante et très belle collection, grâce à Daniel Moisand  et à ses notes retrouvées, grâce aussi à Anne Moisand Couturier et au document d’époque, qu’elle nous a transmis, relatif au lancement  du service « Le Deyeux ». Patience ! Il faudra attendre le prochain bulletin pour tout cela ! De plus pour la solution de la 2ème énigme,  faudra t’il en plus que l’un d’entre nous ait réussi à la trouver . Ce qui n’est pas le cas au moment de la parution de ce bulletin même s’il y a sérieux doute côté Daniel… 

pict0006blogmodifi1.jpg l’énigme résolue : la signature de Maurice en haut et celle de Marcel Emmanuel en bas

                                                                           dscf0058bis2modifi21.jpg dscf0058bis2modifi21.jpgdscf0058bis2modifi21.jpg   

  

                                                                                              

 19370001modifi2bmodifi1.jpg Carnet de famille

 

photob.jpg Catherine Moisand Thomas, fille de Marcel Moisand et d’Annie Guyot, a la joie d’annoncer la naissance de son dernier petit-fils, Damien, né le 11 octobre 2009, 3ème enfant de sa fille Marie et de Didier BARRAQUE, son gendre. Damien est entouré sur la photo de Marie, Hugo et Emma !

 Daniel Moisand, comme il nous l’avait promis, fait ici la relation de la fête du 10 juillet 2009 (annoncée dans le bulletin n° 2 de juin dernier ) en l’honneur de sa maman Yvonne Guyot pour ses 90 ans : 

sdc10465b.jpg Mamie 90

                           Daniel Moisand

 10 juillet 2009 : çà y est enfin ! Après plusieurs mois d’échanges de mails, de conversations téléphoniques, tout est prêt, la maison est encore en travaux, ce sera le cas pour certainement encore plusieurs années, mais les chambres de l’étage sont ouvertes  et la maison décorée. 

Tout le monde sera là, Jean-Claude et Agnès –  Mandarine et ses enfants, Benjamin, Nathalie et leurs enfants Jasmin et Gaspar, Chloé et Denis, Cyril devenu Younaï et Marie-Julie – Jérôme, Edith et leurs 3 fils, Valentin, Alexis et Félix arrivés d’Arlington aux USA – Rémi et Sandra, les enfants de Mijo  – Enfin, nos propres enfants, Nicolas, sa compagne Elodie et Sophie – 22 personnes qui  vont converger vers notre home bourguignon, la Vignotte, à quelques kms d’Auxerre.

 sdc10384b.jpg Il ne me reste plus qu’à y convoyer la reine de la fête, notre Maman et Mamie, Yvonne Guyot, pour fêter ses 90 ans avec toute sa descendance. 

Le vendredi soir sera consacré aux retrouvailles autour d’un énorme plat de pâtes et un gigantesque plateau de fromages, concoctés par Geneviève et Mandarine – pour les vins, pas de problème, des bourgognes, bien sûr.  Après un coucher tardif, le samedi matin est consacré pour certains à la découverte de notre paysage icaunais, pour d’autres à la préparation des festivités du soir et surtout, pour tous, à papoter avec Maman qui n’avait pas vu certains d’entre nous, particulièrement les Américains, depuis plusieurs années ! 

 13 h, il est temps de partir vers un petit restaurant local, à Pourrain, où nos hôtes nous ont préparé un excellent repas qui se prolongera dans l’après-midi.  La jeune génération  décore avec maestria le gâteau d’anniversaire, fait de 90 choux à la crème avec ses 90 bougies qu’Yvonne soufflera, aidée volontiers il faut le dire, par les plus jeunes. 

 Le soir, que la fête commence ! Apéritif sous des tentes dressées dans le jardin, puis repas traiteur, vins d’Alsace et de Chablis, et les cadeaux avec le traditionnel discours de Jean-Claude. 

 Pendant toute la soirée, un diaporama fabriqué par Geneviève nous rappelle en boucle 90 ans d’une vie bien remplie,  la naissance juste à la fin de la guerre (la vraie, celle de Bon-Papa), l’enfance , l’adolescence et la fac de droit, puis la guerre, l’autre, où devenue infirmière elle soignera notamment un beau jeune homme aux yeux bleus, André, qui ne tardera pas à la séduire pour la vie en réparant son vélo dans le grenier de l’hôpital ; sans oublier le mariage et 4 enfants à la suite,  l’emménagement à Enghien et quelques années plus tard, l’arrivée du petit dernier,  Jérôme – Puis les petits-enfants  apparaissent, il y en aura 10, les arrière petits-enfants aussi, 2 actuellement.  En 1999, à l’initiative de Jean-Claude, ce petit monde se retrouve pour un week-end dans une auberge normande pour « Mamie 80 ».  Jusqu’en 2003, 84 ans, Yvonne ira chaque année quelques semaines aux USA profiter de ses petits-fils, devenus américains, le dernier, Félix, 9 ans,  ne parle pas  francais, bien qu’il le comprenne très bien! 

Le beau temps étant de la partie, le dimanche le buffet est dressé sous les tentes et, moment de grande émotion, Maman reçoit toutes les lettres adressées par toute la famille et par ses amies. Merci à tous.  Mais certains doivent déjà penser au départ, nos américains ont leur vol de retour le lundi matin et Jean-Claude doit être sur Paris le soir. Lundi, circuit souvenir pour Maman, circuit découverte pour d’autres,  dans les villages environnants où les souvenirs de jeunesse ressortent très vite. 

sdc10396b.jpg Et chacun de rêver de « Mamie 95 » 

Un grand oubli, dans l’émotion générale, la photo collective ! 

                                                                 dscf0058bis2modifi21.jpgdscf0058bis2modifi21.jpgdscf0058bis2modifi21.jpg


 
  

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